Interpellation de Théo : une vidéo qui suscite des réactions politiques partagées

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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Europe 1 publiait lundi une nouvelle vidéo de l'arrestation de Théo L, blessé par la police à Aulnay-sous-Bois. Des images qui ont suscité de nombreuses réactions.

On sait depuis longtemps qu’une image ne dit pas la vérité, toute la vérité, encore moins depuis qu’on a appris à "truquer" ces images, à effacer par exemple tel dirigeant devenu inconvenant pour présenter au "bon peuple" une image purgée, pour raconter une fausse histoire. La vidéo, non truquée celle-ci, de l’interpellation de Théo, ce jeune homme grièvement blessé en février 2017 au cours d’un contrôle d’identité à Aulnay-sous-bois, vidéo révélée par le service police-justice d’Europe 1, offre une troublante démonstration qu’il n’y nul besoin de trafiquer ces images, pour que chacun n’y voit que ce qu’il a envie d’y voir.

"Une pseudo affaire Théo". Pour la droite et l’extrême droite, "la vidéo démontre l’innocence des policiers et l’immense manipulation à laquelle s’est associée Hollande [qui s'est rendu au chevet du jeune homme, ndlr]. Honte à ceux qui ont diffamé nos policiers", écrit Eric Ciotti pour les Républicains. Marine Le Pen toujours sur twitter dénonce une "Pseudo 'affaire #Theo': immense #FakeNews pour salir la police française. Une honte !". Quelques identitaires reproduisent intégralement les propos du candidat Macron. "À Aulnay, c’est la force illégitime de l’Etat qui a eu cours", écrivait-il sur Facebook au moment des faits.

Le silence de la gauche. À gauche, pas de réaction "officielle", pas plus des acteurs de l’Elysée de l’époque que de Jean-Luc Mélenchon qui avait parlé des "tortureurs de la police républicaine", mais beaucoup de twittos ne voient dans cette vidéo que "la violence de l’interpellation policière, le gazage, les coups de matraque".

La balle du côté de la justice. Chacun continue de regarder en réalité cette vidéo  avec son œil droit fermé, ou son œil gauche. C’est évidemment à la justice de trancher et à personne d’autres. On ne saurait conseiller à chacun, et aux politiques en particulier, de se garder de s’enfermer dans ses propres fake-news, les uns pour récuser le procès contre les violences policières, les autres pour dénoncer le quotidien de l’hostilité des forces de l’ordre  vis-à-vis des habitants des quartiers populaires. Qu’ils se méfient d’eux-mêmes, en toutes circonstances. Qu’ils aient la faiblesse de faire confiance à la justice qui analyse elle, image par image cette vidéo pour tenter d’établir une vérité, équilibrée et contradictoire.