Européennes 2019 : un scénario noir pour la droite ?

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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La majorité pourrait profiter des élections européennes de 2019 pour secouer encore plus une droite républicaine très largement morcelée depuis les législatives.

Le scrutin européen de 2019 pourrait bien coïncider avec un nouveau Big Bang dans la vie politique française. Le président de la République est en train d’en écrire le scénario. Le premier épisode a été dévoilé cette semaine par Edouard Philippe, avec la fin des huit circonscriptions régionales et un retour à une liste nationale. L’avantage pour Emmanuel Macron est double. D'abord, il entend au maximum européaniser ce scrutin, "lui qui a l'Europe glorieuse", comme le reconnait un de ses opposants, de manière à en faire un référendum pro ou anti-Europe. Enfin, ce parti-pris va obliger toutes les autres formations politiques et leurs leaders à se positionner clairement. Et pour certains forcément, c’est plus compliqué que pour d’autres.

Un sujet délicat pour LR. Il faut se souvenir que les élections européennes sont le cauchemar récurrent de la droite républicaine. Depuis le référendum sur Maastricht en 1992, qui vit l’échappée belle de Charles Pasqua et de Philippe Séguin, le camp souverainiste a régulièrement humilié les gaullistes/centristes et libéraux européens. C’est encore le cas en 1999 quand la liste Sarkozy/Madelin arrive derrière celle des eurosceptiques. En 2014, c’est carrément le Front national, très anti-européen sur la ligne Philippot, qui devient le premier parti de France.

Or, qu’entend-t-on bruisser à droite depuis quelques semaines ? Les murmures de ceux qui disent, "pour moi la ligne rouge, c’est l’Europe. Si Wauquiez n’affiche pas clairement son engagement pour la poursuite de notre chemin commun dans l’Union, ce sera sans moi ". C’est ce qu’a dit, presque tout haut, Alain Juppé, et publiquement Valérie Pécresse

Trouver le bon chef de file. La majorité cherche à cornériser l’adversaire, à éparpillait façon puzzle Les Républicains. Elle pourrait choisir pour tête de liste de ces européennes le meilleur porte-parole du macronisme, un homme trait-d'union entre les deux rives, un européen, libéral, ouvert. Qui se cache derrière ce portrait-robot ? Edouard Philippe ! Oui, pourquoi pas Edouard Philippe pour animer ce grand souffle européen : il est à parier qu’Alain Juppé, par exemple, y verrait bien des avantages. Mais cet acte-là n’est pas encore écrit, c’est juste une idée de scénario pour l’instant. Une piste, un élément de suspense qui amuse la majorité, mais beaucoup moins le prochain leader des Républicains, Laurent Wauquiez.