Écriture inclusive : Édouard Philipppe la bannit des textes officiels

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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Edouard Philippe a tranché : il n'y aura pas d’écriture inclusive dans les textes officiels. Le Premier ministre appelle ses ministres et leur administration à se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques officielles.

Non, les textes officiels ne seront pas rédigés en écriture inclusive ! Pourquoi le débat s’est-il enflammé ainsi autour de l’écriture inclusive, jusqu’à appeler une circulaire de Matignon ? Pour un point, ce point dit "médian" ou "point milieu". Cette fameuse écriture prône d’autres usages comme la féminisation des titres et des métiers ou l’accord de proximité, et depuis que Le Figaro a révélé qu’un manuel scolaire pour CE2 écrivait que "grâce aux agriculteur.rice.s, artisan.e.s et commerçant.e.s, La Gaule était un pays riche",  la bataille d’Hernani est repartie !

Guerre des genres."Péril mortel" se sont alarmés les Immortels de l’Académie française qui pourtant ne devraient rien craindre en la matière. De l’autre côté, linguistes, profs parfois, ont défendu l’idée qu’il était possible de rompre avec un masculin l’emportant toujours sur le féminin, le langage façonnant une certaine vision de notre société. Ce n’est pas du masculin, c’est du neutre ont réagi les premiers, oui mais quand le neutre est toujours masculin, ce n’est pas neutre ont rétorqué les derniers. Raymond Devos aurait certainement fait un sketch formidable sur le sujet…

invisibilité sémantique des femmes. Heureusement qu’on ne compte pas que sur l’Académie, parce qu’il y aurait péril mortel à parler comme au XVIIème siècle, encore que dans Racine on trouve des accords de proximité ! Matignon, en tout cas, a tranché : "on ne force pas la langue", on respecte son usage. Et pourtant, de nouveaux mots naissent tous les ans : twittos, ubérisation, burkini, etc. Ils disent le nouveau monde qui émerge. Est-ce vraiment forcer la langue que d’y rendre les femmes plus visibles ? Pas forcément en allant jusqu’au "point médian", mais en les nommant chaque fois qu’il est possible. Ça ne réglera pas tous les problèmes des femmes - ne faites pas dire à la langue ce qu’elle ne peut pas faire - mais encourager ce rééquilibrage, c’eut été au moins dire qu’on était sensible à leur invisibilité sémantique.