Excédents de CO2, de plastique et de poulets : les marques de notre civilisation

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Rendez-vous à la ferme est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Dans quelques milliards d’années, quand les archéologues du futur se pencheront sur notre civilisation, ils nous caractériseront par l'excédent de CO2 que nous produisons, de plastique mais également de poulets.

Le cheptel de Fanny Agostini s’agrandit à Boisset. Trois poules et un coq actuellement et elle s’apprête à accueillir deux poulettes de plus puis elle s’arrêtera là parce que des poulets dans le monde, il y en a beaucoup trop.

Il y a plus de poulets en batterie que d’êtres humains sur terre, 23 milliards de poulets, ce qui en fait de loin la viande la plus consommée au monde. Un poulet qui n’a rien à voir avec les poulets d’origine ni avec les poulets fermiers élevés dans de bonnes conditions. Celui dont on parle grossi cinq fois plus vite que dans les années 50, une création humaine pour faire de la chaire pas cher.

Le squelette du poulet est aujourd’hui déformé ?

Le poulet moderne et confiné en bâtiment a une carcasse anormalement large, des pilons surdimensionnée qui les empêchent même de marcher. On a suffisamment vu d’images insoutenables d’élevages intensifs. Cette modification morphologique est issue d’une vraie sciences du poulet qui a été élaboré aux États-Unis qui nous a conduit aujourd’hui à une consommation excessive de plus de 60 milliards de ces bêtes à plumes par an, déclinées en chicken wings et salades césar. À tel point qu’aujourd’hui, le poulet prend de la place même mort.

Les ossements de poulets pourraient être des marqueurs de nos modes de consommation industrialisées ?

La trace de notre civilisation ne sera pas faites seulement que de résidus technofossiles comme le béton, le CO2 dans l’atmosphère ou de plastique océanique mais aussi d’ossements de poulets. Car leurs carcasses finissent en partie dans les décharges et fermes du monde entier. Selon une étude publiée dans Royal Society Open Science, cette accumulation des restes de nos repas pourrait à terme constituer une couche lisible pour les anthropologues des prochains millénaires. À l’instar des couches géologiques qui permettent une lecture du monde par strates
depuis que la terre s’est formée, l’humain lui aussi imprime sa marque en un temps record. Si bien que les fantômes de tous ces gallinacés pourraient un beau jour venir parler de nous et en dire long sur notre système de production alimentaire devenu complètement fou.