Vers une pénurie de pilotes : un argument de poids pour le SNPL

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Le monde bouge est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Nouvelle journée de grève à Air France.
Les pilotes réclament plus de 10 % de hausse de salaires et ils sont en position de force car, partout dans le monde, on manque de pilotes.

Voilà une profession où on ne risque pas le chômage : pilote de ligne.
Dans les 10 ans à venir, on estime qu'il va falloir former 250.000 pilotes dans le monde.
Déja, c'est la pénurie. Figurez-vous qu'Emirates doit réduire sa voilure, cet été, faute de pilotes.
Ryanair, en septembre dernier, avait dû annuler des vols faute de pilotes.
L'explication est toute simple, le trafic aérien ne cesse de se développer et le nombre d'avions dans les airs va tripler en 10 ans. Or pour chaque nouvelle avion, il faut embaucher une vingtaine de pilotes donc, on se les arrache.

Est-ce un excellent argument pour exiger des hausses de salaires ?

Effectivement même si chez Air France, on explique ne pas avoir de mal à recruter.
D'abord parce que Air France n'est pas en pleine expansion donc a des besoins limités, environ 250 embauches par an.
Et puis Air France attire des pilotes qui veulent vivre en France et non pas à Dubai ou Shenzen.
Air France attire aussi des pilotes qui volent sur les compagnies low-cost et qui en ont assez d'enchainer, en boucle, des Paris-Barcelonne ou Marseille-Rome, toujours sur les mêmes petits avions. Voler sur Air France, c'est l'assurance de faire le tour du monde sur des grands appareils.

En attendant, le mouvement de grève s’essouffle. À peine 18 % de gréviste chez les pilotes contre 27% la semaine dernière. La sortie de "Laurent Berger" contre le SNPL a-t-elle pu jouer ?

Pas du tout, dit-on. Les pilotes vivent dans leur monde.
C'est d'ailleurs pour ça qu'ils peuvent paraitre parfois déconnectés des réalités économiques. Un pilote, ça vole. Ils sont dans les airs et n'ont que peu de contact avec leur entreprise.
En revanche, ils sont très sourcilleux en matière de rémunération. D'abord parce qu'ils savent qu'il y a pénurie. Et puis, selon un ancien patron d'Air France, le sport favori des pilotes quand ils sont en escale c'est de comparer leur fiche de paye avec les pilotes d'autres compagnies.
D'où ce comportement très revendicatif du SNPL dont, effectivement, le président a été qualifié de "leader maximo" dimanche dernier par Laurent Berger.