Vers un triomphe des Gilets jaunes en Norvège ?

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Le monde bouge est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
Partagez sur :

En Norvège, les élections régionales font craindre une forte hausse du parti "Anti Péage". La politique anti-voiture suscite un ras-le-bol. Les élections de ce lundi sont vues comme un référendum sur la politique environnementaliste du gouvernement.

Des Gilets jaunes en Norvège !
Ces Gilets jaunes norvégiens se sont même organisés en parti politique et devraient faire une percée ce lundi, lors des élections régionales.

On n'attendait pas les Gilets jaunes en Norvège, un pays consensuel avec une forte conscience écologique.
Mais on assiste exactement à la même colère qu'en France. En Norvège, ce n'est pas suite à la hausse du prix de l'essence, mais à la hausse du prix des péages urbains qui ont augmenté de 40% en quatre ans.
En Norvège, dès que vous entrez dans une ville, votre plaque d'immatriculation est enregistrée. À la fin du mois, on vous envoie la facture. Si vous prenez votre voiture tous les jours (ce qui est le cas de ceux qui habitent en banlieue et qui sont obligés de venir travailler), vous pouvez très vite vous retrouver à la fin du mois avec 200 ou 300 euros à payer.
Du coup, exactement comme en France, les classes moyennes se sentent piégées. Elles ont l'impression de subir un déclassement. La voiture devenant un luxe réservé uniquement à ceux qui ont de l'argent.
Dans un pays égalitaire comme la Norvège, ça passe mal.

Ces Gilets jaunes norvégiens ont donc réussi à s'organiser en parti politique. Ils pourraient faire une percée ce lundi lors des élections régionales ?

Selon un sondage, ce parti anti-péage (qui est aussi anti-éolienne) devrait récolter 9% des voix à Oslo et même 25% à Bergen, la deuxième ville du pays.
On présente ces élections comme un référendum pour ou contre la politique environnementaliste du pays. On y entend les mêmes arguments que chez nous, à savoir que la Norvège est un tout petit pays et qu'elle ne peut pas sauver la planète à elle seule. L’autre argument c’est que l'environnement n'est qu'un prétexte pour taxer toujours plus l'automobiliste.

Tout cela montre bien la difficulté de mettre en place ces politiques environnementalistes. En théorie, on veut tous sauver la planète mais, en pratique, on voit bien que l'on se heurte très vite à de fortes résistances.