Total s’engage à ne plus fermer de stations-service en France

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L'édito économique d'Axel de Tarlé est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Total s’engage à ne plus fermer de stations-service en France. En 40 ans, le nombre de stations-essence a été divisé par trois.

C'est un drame qui participe au sentiment de déclassement dans certains territoires.
Dans 38 départements (comme la Corrèze, le Cantal ou la Lozère), il faut faire en moyenne entre 15 et 38 minutes de route pour trouver une station-essence.
Les stations ferment les unes après les autres, 47 ont encore fermé l'an dernier. Il est arrivé avec les stations-essences ce qu'il est arrivé avec les petits commerces. L'arrivée massive de la grande distribution (qui représente aujourd'hui 60% des ventes) a cassé les prix, en vendant l'essence à prix coûtant, elle a fait disparaître tous les petits distributeurs indépendants.
Parfois, pour garder des stations ouvertes, ce sont les municipalités qui ont dû reprendre les stations et les faire tourner, dans une logique de service publique.

Pourquoi Total s'engage-t-il à ne plus fermer de stations, par philanthropie ?

C'est vrai qu'à coté de la grande distribution, il reste essentiellement Total qui représente 3.500 stations.
Invité par les Échos ce jeudi, Patrick Pouyané (le patron de Total) s'est "engagé à ne fermer aucune station-essence sur le territoire".
Total a réussi à s'en sortir grâce à une logique économique ultra lowcost, les stations Total Access. La marge est cependant tout petit puisqu’elle représente à peine un centime du litre.
Faute de pouvoir faire du volume dans les campagnes, il faut faire beaucoup de services comme des boulangeries, des épiceries, des postes ou des cafés pour s'en sortir. Et ça fonctionne.
On peut également parler d’une logique de territoire, Total veut garder un lien et une présence physique. "Bien souvent, la station est l'ultime commerce de certaines zones reculées" a fait remarquer ce jeudi Patrick Pouyané. Ça en dit long néanmoins sur ce sentiment d'abandon, quand le dernier lieu de vie pour socialiser un village c'est la station essence.