Services des impôts : le paiement en liquide, c’est bientôt fini !

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L'édito économique d'Axel de Tarlé est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque matin, Anne-Laure Jumet décrypte l'une des actualités économiques marquantes du jour.

Anne-Laure Jumet remplace Axel de Tarlé du 22 au 26 octobre 2018.

Ça bouge dans les services des impôts. Les trésoreries ne vont bientôt plus accepter les paiements en espèces.  

Le gouvernement a décidé d’aller au bout d’une réforme engagée ces dernières années. Petit à petit, on avait diminué le montant, en dessous duquel on peut payer cash ses impôts. La règle aujourd’hui, c’est 300 euros maximum.

L’idée c’est donc effectivement de supprimer cette possibilité de payer en petites coupures. 

Ça va prendre un peu de temps, ça se fera d’ici 2022. Car ce service ne va pas totalement disparaitre, il sera en fait transféré à des organismes extérieurs. La Poste et les buralistes pourraient ainsi demain gérer cette collecte pour le compte de l’État.

Mais pourquoi cette réforme ? c’est pour faire des économies ?

C’est effectivement l’une des raisons. Ce n’est pas la première évoquée par Bercy qui met en avant la sécurité des agents : supprimer le cash dans les trésoreries, c’est éviter de potentiels braquages. Et puis ça permet d'alléger leur travail, en supprimant des tâches jugées "répétitives et chronophages".  

Mais il faut voir cette réforme dans sa globalité. On ne pourra bientôt plus payer par chèque ses impôts au-delà de 300 euros, c'est prévu pour l'an prochain. On ne pourra bientôt plus pousser la porte de son centre des impôts sans avoir un rendez-vous. 

Si l’on ajoute la suppression à terme de la taxe d’habitation et le prélèvement à la source, qui en rythme de croisière, nécessitera moins de personnel, on voit bien la révolution qui va frapper l'administration fiscale. Avec à la clé une réduction de la voilure. Un peu plus de 2.000 suppressions de postes sont d'ailleurs programmées cette année à la direction des impôts. 

Et ça va toucher quels territoires ? on imagine que les trésoreries en zone rurale sont particulièrement visées ?

Les syndicats pointent effectivement du doigt ces zones oubliées où il n’y a parfois plus qu’une personne au guichet.

Mais la logique devrait évoluer si l’on en croit le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, qui veut rompre avec la politique du rabot généralisé. Il a demandé à ses services de plancher sur une nouvelle organisation territoriale : des implantations actuellement situées dans les métropoles pourraient ainsi se retrouver en milieu rural ou en périphérie des villes. Il y aura des expérimentations l’an prochain dans des zones pilotes et si c'est concluant, ce sera généralisé.