Rachat du français Drivy par un Américain : "C'est plus facile de conquérir l'Europe en partant des Etats-Unis"

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Le monde bouge est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Axel de Tarlé décrypte l'une des actualités économiques marquantes du jour.

L'économie avec Axel de Tarlé. Bonjour, ce matin vous vous penchez sur la start-up Drivy qui passe sous pavillon américain. Encore une de nos pépites du web qui part aux Etats-Unis.

Drivy, c'est une start-up française, créé en 2010, qui propose de la location de voiture entre particuliers. La société s'est implantée en Allemagne, Belgique, Royaume-Uni, Espagne, Autriche. Et elle est aujourd'hui présente dans 170 villes européenne. C'est le leader européen du marché. Une vraie réussite française !

Et ce qui vous désole Axel, c'est de voir Drivy se faire racheter par son concurrent américain.

Oui, on a malheureusement l'impression que c'est assez systématique dans le monde du web français. Se faire racheter par un grand groupe étranger est visiblement le seul horizon de nos entrepreneurs. Vous vous souvenez de Meetic, le site de rencontre de Marc Simoncini, racheté par l'Américain Match.com, de PriceMinister, de Pierre Koscuisko Morizet, racheté par Rakuten, ou plus récemment de la Fourchette a été racheté par Trip Advisor. La bonne nouvelle, c'est que la France arrive à créer des start-ups sexy qui attirent les grands groupes du monde entier. Mais le revers de la médaille, c'est que ces réussites françaises ne restent pas en France, et passe sous pavillon étranger. En l'occurrence, Drivy se fait racheter par une société californienne qui s'appelle GetAround. D'ailleurs, le nom Drivy va disparaître.

Et pourquoi, ces entreprises françaises se vendent-elles (plutôt que de continuer l'aventure en solo) ?

C'est le mystère. Mais il y a deux types d'explications : contrairement aux Etats-Unis, il n'existe pas de marché européen. Quand vous réussissez en France, ensuite il faut repartir de zéro pour conquérir le marché espagnol, puis rebelote pour le marché italien, allemand, etc. C'est épuisant. Et finalement, c'est plus facile de conquérir l'Europe en partant des Etats-Unis, avec la langue anglaise, qu'en étant Français. Et puis la deuxième explication, c'est l'argent. Les start-ups américaines bénéficient de financements massifs. D'ailleurs, c'est ce qui se passe pour Drivy. L'acheteur américain vient de réaliser une levée de fond de 300 millions de dollars qui lui a permet de racheter cash le Français Drivy.

Que peut-on faire ? On est désarmé ?

Quand on dit que la France manque de capitaux, on en voit là les conséquences. Du coup, on a moins d'entreprises. Et puis, quand on dit que les Français sont nuls en Anglais, c'est aussi vrai et on en voit là les conséquences. Mais ça n'explique pas tout. Encore que - regardez, en Europe, le pays qui compte le plus de grandes entreprises internet, de licorne comme on dit, valorisée plus d'un milliards de dollars, c'est le Royaume Uni,  où l'on trouve à la fois les capitaux et la langue anglaise.