Pourquoi la France s’entête-elle dans cette "folie" du nucléaire ?

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L'édito économique d'Axel de Tarlé est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque matin, Axel de Tarlé décrypte l'une des actualités économiques marquantes du jour.

Pas question de sortir du nucléaire !
Emmanuel Macron a dévoilé la programmation pluriannuelle de l'Énergie et le nucléaire y a toute sa place !

Pourtant, il faut rappeler que Nicolas Hulot avait qualifié le nucléaire de "folie inutile" en août dernier, le jour de sa démission. Visiblement, le président pense différemment. Même si officiellement, le compte y est.
Emmanuel Macron a annoncé ce mardi la fermeture de 14 réacteurs, ce qui est énorme.
Mais si on regarde dans le détail, excepté Fessenheim, les prochaines fermetures sont repoussées à 2027 ou 2028, dans dix ans donc. Et encore, le texte précise "si cela ne pose pas de problème de sécurité et d'approvisionnement".
Il est donc urgent de ne rien faire.
D'ailleurs, Emmanuel Macron le dit très clairement : "je n'ai pas été pour sortir du nucléaire" et il ajoute : c'est une "énergie à bas coût et décarbonée".
Le nucléaire est donc pas cher et sans CO2, alors pourquoi s'en priver ?

Si on ne change rien, cela veut dire que la France va prendre du retard dans les énergies propres (éolien et solaire) ?

C'est le risque et c'est pour cela qu'Emmanuel Macron a appelé, dans le même temps, à un triplement d'ici 2030 du parc éolien (soit trois fois plus d'éolienne), et un quintuplement du solaire (soit cinq fois plus).
Ça peu paraître énorme mais on part de très bas. Aujourd'hui, l'éolien c'est seulement 4% de notre électricité et le solaire ne représente même pas 2%.
Surtout, le problème de ces énergies propres c'est qu'elles sont financées par des taxes, cinq milliard aujourd'hui, huit milliards demain. Des taxes que nous payons tous via notre facture d'électricité, c'est la ligne "CSPE" qui représente aujourd'hui 13% de la facture totale d'électricité.
En ces temps de "gilets jaunes", il faut y aller doucement avec les taxes.
En résumé, on ne change rien, on garde le nucléaire et on ajoute tout doucement des énergies propres.