Nouvelles révélations dans l'affaire Carlos Ghosn : il s’apprêtait à débarquer le patron de Nissan

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L'édito économique d'Axel de Tarlé est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque matin, Axel de Tarlé décrypte l'une des actualités économiques marquantes du jour.

Carlos Ghosn a été inculpé ce lundi matin au Japon pour dissimulation de revenus.
Cette inculpation intervient alors que l’on vient d'apprendre de nouvelles révélations sur le contexte de l'arrestation du PDG de Renault-Nissan, il y a trois semaines.

Selon le Wall Street Journal, juste avant de se faire arrêter, Carlos Ghosn s’apprêtait à débarquer le patron de Nissan qu'il avait lui-même nommé et dont il était déçu.
Hiroto Saikawa devait être débarqué lors d'un conseil d'administration, à Tokyo le 22 novembre.
Finalement, Carlos Ghosn se fait arrêter le 19 et lors de ce conseil du 22, c'est lui qui sera débarqué.
Triomphant, Hiroto Saikawa, prend sa place de PDG et ne se prive pas de critiquer son ex-mentor, estimant qu'il avait trop de pouvoir.

Tout cela atteste l'idée d'un putsch interne. On a voulu faire tomber le Roi Carlos Ghosn ?

Même au Japon, certains s'étonnent de la sévérité de la procédure.
Car, dans cette affaire, il n'y pas de fraude fiscale ni d’abus de bien social.
On reproche à Carlos Ghosn d'avoir sous-estimé de revenus futurs concernant sa retraite, ce qu'il conteste d'ailleurs.

La question est là : La justice n'est-elle pas instrumentalisée ? C'est la thèse de l'économiste Jean Marc Daniel qui parle d'une nouvelle forme de protectionnisme judiciaire, on utilise la justice pour torpiller ses concurrents.
Quelques exemples sont là pour appuyer ses propos. Par exemple, cette gigantesque amende de neuf milliards aux États-Unis pour BNP Paribas. Il y a également Total qui a tellement peur de la justice américaine que le Français préfère quitter l'Iran. On peut aussi évoquer le cas de la directrice financière de Huawei (le géant chinois des télécoms) qui vient de se faire arrêter au Canada. Au Japon, pour torpiller Renault, on fait donc arrêter son patron Carlos Ghosn.

Bien sûr, la justice reste indépendante mais il y a un climat qui prend la forme d'un protectionnisme judiciaire. On ne met plus de droit de douane, on met les gens en prison !