Mort de Serge Dassault : l'aéronautique lui doit beaucoup !

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Le monde bouge est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Serge Dassault est mort ce lundi à l'âge de 93 ans. Son nom est associé à l'histoire de l'aéronautique française.

Si la France est souveraine militairement, elle le doit aux Dassault.
Ça commence dès la première guerre mondiale avec l'Helice Eclair, conçue par son père, Marcel Dassault et que l'on voit voler dans le ciel de Verdun en 1916.
Aujourd'hui, la dissuasion nucléaire française (la bombe atomique) est portée par le Rafale, la dernière génération des avions de combat Dassault.
Dassault qui est le seul constructeur européen à savoir fabriquer, seul, un avion de combat de A à Z.
Une garantie de souveraineté telle que les Allemands viennent de se rallier à Dassault. L'Armée Allemande devait renouveler sa flotte d'avion militaire. Il y avait de forte pression pour qu'elle achète américain, le F-35 notamment, de Lockheed Martin.
Finalement, l'Allemagne a fait le choix de l'Europe en se ralliant à Dassault. Puisque c'est Dassault Aviation qui sera chef de file pour concevoir et fabriquer le futur avion de combat européen (successeur du Rafale) et qui équipera les armées allemandes et françaises à l'horizon 2040. Chapeau bas. L'avenir est assuré !

Serge Dassault que l'on présente dans la presse comme "un obstiné". C'est à dire ?

Serga Dassault n'était pas un créateur de génie, ce n'est pas lui qui a développé le Rafale, c'est son père.
Mais c'est bien Serge Dassault qui (dès 1986), quand il prendra la tête du groupe, portera ce projet pendant des décennies, jusqu'à décrocher ces marchés à l'export : Inde, Qatar, Égypte.
Et puis surtout, Serge Dassault va préserver l'intégrité du groupe Dassault Aviation.
Intégrité face, tout d'abord, à l'appétit de l'État Français qui a cherché plusieurs fois à faire main basse sur le groupe.
Intégrité économique également en développant une branche d'avion civile et de jets privés, ce qui permet de tenir quand il n'y a plus de commande militaire comme ce fut le cas au tournant des années 90. Aujourd'hui, le civil (avec le Falcon) représente la moitié des ventes.
C'est ainsi que l'on a un groupe Dassault équilibré, indépendant, avec des ingénieurs polyvalents, et qui est le garant de cette excellence française dans l'aéronautique.
L'aéronautique est un secteur décidément bien à part dans notre industrie. Il affiche, avec Airbus bien sûr, le plus gros excédent de notre balance commerciale, plus de 20 milliards d'euros.