Y a-t-il une volonté délibérée des Japonais de se débarrasser de Carlos Ghosn ?

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Le monde bouge est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Chute de Carlos Ghosn qui se trouve toujours en garde-à-vue, il n'y avait pas que des problèmes de fraude fiscale.

Sans être complotiste, dès ce mardi on se posait des questions sur le traitement infligé à Carlos Ghosn au Japon, où les pouvoirs publics sont d'ordinaire arrangeants. Y a-t-il une volonté délibéré des japonais de se débarrasser de Carlos Ghosn ?
Ce mercredi matin, le Financial Times nous éclaire avec une information capitale. Avant son arrestation lundi à Tokyo, Carlos Ghosn préparait une fusion entre Nissan et Renault, une fusion qui devait aboutir dans les mois à venir.

Le gouvernement avait demandé à Carlos Ghosn d'imaginer un schéma durable pour que cette alliance Renault-Nissan devienne "indétricotable".
Aujourd'hui, les deux entreprises ne sont que fiancées. Renault détient 43% de Nissan et Nissan possède 15% de Renault, sans droit de vote.
La crainte des autorités françaises c'est de voir ces fiançailles rompues, une fois Carlos Ghosn parti à la retraite à la fin de son mandat en 2022.
Pour que ces fiançailles soient indétricotables, Carlos Ghosn préparait donc un mariage totale entre les deux entreprises, une fusion.

Pourquoi les Japonais se seraient-ils opposés à ce mariage ?

Parce que cette fusion revenait à graver le rapport de force très favorable aux Français dans le marbre.
Aujourd'hui, ce sont les français qui ont le pouvoir et qui contrôlent l'alliance. Pour faire simple, ce sont les Japonais qui rapportent l'argent. Or, le camp japonais Nissan-Mitsubishi est quasiment deux fois plus gros que le camp français.
Les Japonais refusaient donc catégoriquement l'idée d'une fusion en l'État qui graverait dans le marbre ce rapport de force. D'ailleurs, le directeur général (Hiroto SaiKaWa) l'avait dit.
Voilà qui pourrait expliquer cette volonté de faire chuter Carlos Ghosn, on a un mobile !
Maintenant, c'est grave car si c'est le cas, cela veut dire qu'il y a une volonté délibérée d'affaiblir et d'évincer le camp français.