Le low-cost alimentaire est-il mort ?

, modifié à
  • A
  • A
2:36
Le monde bouge est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
Partagez sur :

Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

L'enseigne de distribution Leader Price abandonne le hard-discount et opère une montée en gamme. Est-ce la fin du low-cost dans la grande distribution ?

Fini, les palettes de produits premiers prix, vendus sous des néons blafards. Leader Price veut monter en gamme avec (je cite la direction) :  "Plus de Bio, Plus de frais, de produits nature et santé".

Leader Price ne fait que suivre le mouvement initié par Lidl en 2012. Lidl qui vend aujourd'hui des grands vins - du château Yquem - véridique -  dans sa "cave" - attention on ne dit plus "rayon". Lidl qui a créé un espace Boulangerie-Vienoiserie. Franprix propose également un rayon traiteur, une rôtisserie. Vous voyez, on n'est plus très loin de l'épicerie fine. Même embourgeoisement chez Aldi. 

Avec, au passage, des hausses de prix. Certains s'en défendent. D'autres assument, en expliquant que les Français sont prêts à payer plus cher pour manger mieux. Manger bio.

Ça veut dire qu'on assiste à la fin des "prix bas" dans la grande distribution ?

C'est le rêve du monde agricole. Voire les prix remonter, en finir avec les maxi promotions, en dessous du prix de revient. Mais, ne nous voilons pas la face, ce n'est pas ce qui se passe. Le consommateur adore toujours les prix bas.

Non, simplement, si les enseignes de hard discount abandonnent ce modèle du prix cassé, c'est qu'elles ont perdu la bataille. Elles ont perdu la bataille face à Leclerc, et plus généralement face aux hypers-marchés qui savent mieux que personne tordre le bras de leurs fournisseurs, pour vendre des produits encore moins cher avec des marque "premier prix" !

Et donc, c'est très difficile pour les enseignes hard discount de faire mieux, de faire encore moins cher. C'est pourquoi toutes abandonnent la bataille et essayent de monter en gamme.

Attention. Ce ne marche pas à tous les coups. C'est la triste histoire des magasins Dia - enseigne de hard discount  - transformée en Carrefour Contact / Carrefour City, en misant sur la proximité et le service. Trop cher a jugé le consommateur. Du coup, c'est 243 supérettes Carrefour qui fermeront à la fin du mois.