Le changement d’heure tourne au casse tête : le symbole d’une Europe en panne

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Le monde bouge est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

L'abolition du changement d'heure pourrait bien être repoussée car personne n'arrive à se mettre d'accord.
C'est là le symbole d'une Europe en panne.

Ce mardi, une réunion s'est tenue en Autriche sur le sujet et les 28 ont décidé qu'il était urgent d'attendre et de ne rien faire.
Pourtant, il y a des choses qui devraient être simples. L'Union Européenne a organisé une grande consultation citoyenne et 84% des Européens se prononcés pour l'arrêt du changement d'heure et pour imposer l'heure d'été.
C'est simple, c'est carré et il n'y a plus qu'à s'exécuter !
Comme le dit Jean Claude Juncker, président de la Commission : "Lorsque l'on consulte les citoyens sur quelque chose, il convient ensuite de faire ce qu'ils souhaitent".
Non, ce serait trop simple…

Pourquoi ? Qu'est ce qui bloque ?

Parce que personne n'arrive à se mettre d'accord. Il y a toutes sortes de réclamations, portées par les différents chefs d'État.
Par exemple : la Finlande et le Danemark veulent bien abolir le changement d'heure, mais préfèrent rester à l'heure d'hiver. La Pologne, le Portugal et Chypre, eux, veulent conserver l’heure d'été. Il y a également l'Espagne qui souhaite en profiter pour changer de fuseau d'horaire. La Suède ou la Grande Bretagne veulent conserver le changement d'heure tous les six mois mais cela pose un problème à l'Irlande car cela signifierait deux horaires différentes entre le Nord qui est britannique et le sud.
Bref, c'est chacun pour soi et du coup, on ne fait rien.

Cette situation est très symptomatique d'une Europe en panne.
Autrefois, on se mettait d'accord pour avancer et s'unifier. Maintenant, c'est le contraire. Chacun veut imposer ses spécificités à l'autre et c'est la paralysie, on n'arrive plus à rien notamment sur l'économie, la défense, la fiscalité ou la taxation des Gafas.
On souhaite donc bonne chance à Emmanuel Macron qui veut relancer l'Europe, ce qui serait pourtant essentiel pour exister face à la Chine et aux États-Unis.