Frais bancaires : la tentation de faire payer les pauvres

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Le monde bouge est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Avec les taux négatifs, le modèle des banques est mis à mal. Il ne faudrait pas qu’elles se rattrapent en matraquant leurs clients les plus fragiles avec notamment 24 euros pour une simple "lettre d'information".

Frais bancaires et incidents de paiement : les banques sont accusées de cibler leurs clients les plus fragiles.

Les banques ont-elles changé de modèle ? Autrefois, elles se rémunéraient en faisant travailler notre argent. Mais maintenant, avec les taux négatifs, l’argent ne rapporte plus rien. Les banques doivent donc se rémunérer autrement. Comment font-elles ? Elles facturent leurs clients, ce sont les fameux frais bancaires qui ont explosé ces dernières années.
L’exemple type, ce sont les frais pour tenue de compte (il faut désormais payer pour être client). Ces frais pour tenue de compte n’existaient quasiment pas il y a dix ans, ils sont aujourd’hui devenus la règle et sont facturés environ 19 euros par an.
Même si, cette année, les tarifs sont restés sages dans leur ensemble d’après ce que montre le dernier rapport de l’Observatoire des Tarifs Bancaires. En 2019, les banques ont respecté leur engagement de ne pas (ou peu) augmenter leurs tarifs avec la crise des Gilets jaunes.

Mais la situation pourrait ne pas durer. Surtout, on observe une grande disparité d’une banque à l’autre ?

C’est très vrai, en matière d’incident de paiement. Quand votre compte bascule dans le rouge par exemple, la banque vous envoie un courrier d’alerte qui peut vous êtes facturé entre zéro et 24 euros. C’est ainsi pour tous les incidents de paiement et jusqu’à 182 euros, par exemple, pour une interdiction bancaire.
D’où cette inquiétude de députés de la Commission des Finances qui se demandent si le nouveau modèle des banques ne consiste pas tout simplement à matraquer les clients les plus fragiles. On estime qu’il y a environ trois millions de clients dits "fragiles" en France. Combien de milliards rapportent ces trois millions de clients fragiles ? C’est une vraie question parce qu’il ne faudrait pas que l’on se retrouve dans ce que le député Chassaing appelle dans les Échos "un système de solidarité inversé" où les frais d’incident facturés aux plus pauvres serviraient à financer la gratuité des services offerts aux plus riches. Ce serait un peu Robin des bois à l’envers et ça serait assez choquant.