Flambée de l’immobilier : Berlin décide de bloquer ses loyers pour cinq ans

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Le monde bouge est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Axel de Tarlé décrypte l'une des actualités économiques marquantes du jour.

En Allemagne, une décision radicale a été prise pour lutter contre la flambée de l’immobilier : Berlin décide de bloquer ses loyers pour cinq ans !

Les Berlinois sont furieux et manifestent contre la hausse de l'immobilier qui a doublé en dix ans.
Ils ont obtenu gain de cause car la mairie a décrété un gel pur et simple des loyers pour une période de cinq ans et ce, à compter de ce jeudi.
C'est autrement plus contraignant que l'encadrement des loyers qui entrera en vigueur à Paris, à la fin du mois.
Chez nous, le locataire pourra se plaindre si (et seulement si) le loyer qu'on lui propose est supérieur de 20% à la moyenne des loyers constatés dans le quartier, sauf si l'appartement jouit d'une vue exceptionnelle.
On n'est pas loin de l'usine à gaz.

Pourquoi Anne Hidalgo ne fait-elle pas comme à Berlin, un gel total des loyers pour cinq ans ?

Parce que si l’on fait ça en France, tous les propriétaires vont hurler !
Et c'est là la grande différence avec l'Allemagne où les gens sont majoritairement locataires ! À Berlin, vous avez 85% de locataires. Les appartements appartiennent le plus souvent à des fonds financiers qui sont détestés par la population.
C'est donc beaucoup plus facile pour les politiques de se mettre du côté des pauvres locataires et de punir les méchants financiers.
Si on bloque les loyers, il y a un risque de pénurie de logement à la fin. Plus personne n'investira et les appartements se dégraderont.

C'est pour ça que la solution, c'est de construire plus. C'est le cœur du problème avec l'économie de la connaissance et internet. Aujourd'hui, les emplois ne sont plus dans les usines ou dans les territoires, ils se concentrent dans les grandes villes comme Paris, Lyon, Bordeaux ou Nantes.

Sauf qu'il n'y a plus assez de logements dans ces grandes métropoles et les entreprises ont donc du mal à embaucher. C'est d'ailleurs ce qui explique pourquoi (malgré un chômage élevé), les patrons disent avoir du mal à embaucher. L'immobilier est au cœur du problème.
Des entreprises (comme Google aux États-Unis) prennent le taureau par les cornes. Google a annoncé ce mercredi qu'il allait mettre un milliard de dollars sur la table pour construire des logements à San Francisco.
L'objectif est de résoudre ce problème de fond : là où il y a des emplois, on ne peut plus se loger !