Bientôt des télémigrants ?

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© Europe 1
Le monde bouge est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Le confinement a généralisé la pratique du télétravail. Mais cela pourrait avoir des conséquences importantes pour les cadres et les ingénieurs dans le futur. Selon les rapports de plusieurs économistes, certaines entreprises pourraient en profiter pour délocaliser des emplois dans des zones moins couteuses. 

Le télétravail va-t-il se retourner contre les cadres et les ingénieurs ? Selon plusieurs économistes, le boom du télétravail pourrait provoquer un vaste mouvement de délocalisation des "cols blancs".

Avec le confinement, nous avons bien vu que les ingénieurs et les cadres pouvaient très bien travailler à distance, en Normandie, en Bourgogne, voire pourquoi-pas en Tunisie ou au Maroc. Et bien voilà, nous avons ouvert la boite de Pandore. L’université de Princeton (Etats-Unis) explique qu’un tiers des emplois de diplômés peut ainsi se faire à distance.

Mais rassurez-moi, pour l’instant aucune entreprise n’a encore envisagé de délocaliser ainsi des cadres ou des ingénieurs ? 

Si, Facebook, mais sans le dire vraiment. Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, a dit que d’ici cinq à dix ans, la moitié de ses salariés seraient en télétravail. Et il a ajouté que, bien sûr, le salaire sera fonction de son lieu de résidence. En clair, si vous vivez à la campagne, vous gagnerez moins qu’à San Francisco où l’immobilier est très cher. 

Vous voyez, le télétravail est perçu comme un outil qui permet de faire des économies, en déplaçant l’activité intellectuelle, dans les régions, les pays, à bas cout. Donc, oui, on peut s’inquiéter, le cabinet Mercer publie ce mardi une étude qui montre que Paris et Lyon, figure parmi les villes les plus chers du monde pour les expatriés. Ces emplois qualifiés pourraient bien disparaitre. 

Oui, mais, on sait que le télétravail a aussi des limites. On ne peut pas tout faire à distance. 

Exactement. C’est ça qui est rassurant. Et figurez-vous que Michel Barnier vient d’en apporter la preuve. Michel Barnier, c’est celui qui négocie le Brexit pour le compte de l’Union européenne, un dossier ultra technique. Et dans le Figaro ce week-end, il explique qu’en ce moment, les négociations se font en visioconférence. Et ça n’avance pas car, dit-il, c’est "dans un couloir, ou autour d’un café" qu’on arrive à débloquer des situations compliquées. 

Tant mieux, à un moment, il faut se voir pour être créatif et imaginatif. Donc, la proximité, le "présentiel" comme on dit, ne va pas totalement disparaitre.