7% de chômage en 2022 : le pari d'Emmanuel Macron est-il tenable ?

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L'édito économique d'Axel de Tarlé est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque matin, Anne-Laure Jumet décrypte l'une des actualités économiques marquantes du jour.

Anne-Laure Jumet remplace Axel de Tarlé du 22 au 26 octobre 2018.

Les chiffres trimestriels du chômage sont tombés ce jeudi et on assiste à une hausse de 0,5%.
On se rappelle de la promesse d'Emmanuel Macron d’atteindre un taux de chômage de 7% d'ici la fin du quinquennat. Est-ce réaliste ?

Ça semble mal engagé ! Aujourd’hui, la principale épine dans le pied du gouvernement c'est la croissance.
En 2017, l'année de l'élection d'Emmanuel Macron, l'activité s'était nettement accélérée avec une augmentation de 2,2%. Mais pour cette année, les prévisions sont beaucoup moins optimistes avec une hausse de 1,6%.
Et pour les années qui viennent, ça ne va pas décoller, si l’on en croit les principaux instituts de conjoncture.
De quoi peser sur le marché du travail. on le voit déjà cette année avec les créations de postes qui ont été plus que divisées par deux par rapport à l'an dernier.

Mais est-ce qu'il n'y pas des leviers pour atténuer l'impact de cette croissance un peu molle ?

Si bien sûr ! Les gouvernements successifs ont souvent eu recours aux contrats aidés pour faire baisser les chiffres du chômage. Mais justement, Emmanuel Macron veut en finir avec ces emplois qu'il juge inefficaces. Il a commencé à baisser les crédits en 2017 et encore plus fortement l'an dernier, au moment où la croissance ralentissait. On en voit déjà les effets négatifs sur les chiffres du chômage. Et ça ne va pas s'arranger puisque l'an prochain, le gouvernement va encore réduire la voilure avec 100.000 contrats aidés contre 320.000 au début du quinquennat.

Le gouvernement mise plutôt sur la formation pour faire baisser le chômage. Ça ne peut pas marcher ?

Déjà ce type de politique met du temps à produire ses effets. La ministre du travail, Muriel Pénicaud, le reconnait elle-même "il faut attendre deux à trois ans avant d'en retirer les bénéfices".
Et puis si ça marche, si les entreprises trouvent d'avantage les profils qu'elles cherchent, ce ne sera pas un énorme vivier d'emplois. "Si on arrive à créer 50.000 postes grâce à cette politique, ce sera déjà très bien", a confié un économiste à Anne-Laure Jumet.

En conclusion, est ce que le chômage va quand même baisser ?

Oui si on en croit les prévisions, mais sans doute pas dans les proportions promises par l’exécutif. Selon les instituts de conjoncture, on aura en 2020 donc à deux ans de la fin du quinquennat, un taux de chômage en baisse autour de 8,3 à 8,5%.
Et ça s’est dû, non pas au retour de la croissance, mais principalement à un facteur démographique. La population active devrait progresser plus faiblement, du fait du vieillissement de la population.

Alors attention quand même à ces prévisions. Les économistes le disent, on n'est pas à l'abri de grands déséquilibres internationaux, voire d'une crise financière d'ici la fin du quinquennat. Dans ce scénario, on aurait bien entendu une remontée en flèche du chômage.