La pratique de l’équithérapie

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Vendredi, Anne Cazaubon nous en dit plus sur l'équithérapie qu'elle effectue depuis trois ans.

Anne Cazaubon, vous aussi, vous pratiquez l’équithérapie.

Pendant des années, dans mon métier de journaliste et de réalisatrice, je me suis intéressée de très près au thème du syndrome post-traumatique, aux blessures visibles et invisibles, au traumatisme de manière générale, mais aussi au traumatisme de guerre, aux gueules cassées d’hier et d’aujourd’hui.

Le traumatisme, c’est très personnel, puisqu’on peut très bien vivre le même événement, le même accident, la même rupture, et être atteint de manière tout à fait différente que le voisin parce que cela va raviver un trouble initial différent. Je n’oublie pas la maltraitance verbale, ces mots qui, on le sait maintenant, laissent des séquelles profondes dans le cerveau.

Alors pendant longtemps, j’ai tendu mon micro vers ceux qui étaient blessés, avant de le retourner vers moi et d’oser enfin prendre mes blessures à bras le corps. Parce qu’à ce petit jeu-là, si je ne m’en occupais pas pleinement, dans une vingtaine d’années, le risque est de faire du sur-place.

Et c’est donc sur un cheval que vous avez dénoué tout cela.

Il y a 3 ans, j’ai décidé d’apprendre à monter à cheval, mais pas dans un but de passer des galops, ni d’obtenir un diplôme. D’abord, pour apprendre quelque chose de nouveau, à 35 ans passé, je voulais vraiment "entrer en lien avec l’animal dont j’avais un peu peur, je dois dire. Et j’ai la chance d’avoir rencontré un couple fabuleux : Béatrice et Bruno Ripaud. Ils sont à Saint-Maurice des Noues en Vendée et il faut les entendre dire que "le cheval c’est quelqu’un". Ils ne sont pas à proprement parlé "équithérapeute", ils se disent simplement "promeneurs" de personnes qui traversent la maladie, Alzheimer, le deuil, le divorce, la dépression, le burn-out.

C’est vrai que, déjà, rien que préparer le cheval, c’est-à-dire le brosser, le peigner, lui curer les sabots, c’est un magnifique terrain d’apprentissage. Ma grande angoisse à moi était de lui faire mal, mais aussi qu’il me fasse mal.

Pour l’instant par exemple, l’un de mes axes de travail est d’arriver seule, à lui mettre le mors, ce morceau de métal qu’on lui met dans la bouche, relié aux rennes. Ce qui est fascinant, c’est surtout de voir à quel point sur un cheval, tout se vit en miroir.