Trump-Clinton, la violence des échanges monte d'un cran

SAISON 2016 - 2017
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© PAUL-J.-RICHA / AFP
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Tous les dimanches, Xavier Yvon, correspondant d'Europe 1 à New York, nous livre son journal de la semaine. 

On part prendre notre petit déjeuner à New York avec notre correspondant aux Etats-Unis, Xavier Yvon. Alors de quoi allez vous nous parler ce dimanche ?

Un mot pour résumer : "Violence". La violence des coups échangés entre Trump et Clinton avant leur premier débat télé et la violence qui gangrène Chicago, à nouveau capitale du crime.

On commence avec la course à la Maison-Blanche avec ce premier débat télévisé entre Donald Trump et Hillary Clinton.

Oui impossible de ne pas savoir que c’est demain soir le grand face à face. Les chaines de télé n’attendent que ça. Pour cause on devrait battre des records d’audience peut-être 100 millions de téléspectateurs, ça serait historique… Enjeu énorme pour les candidats, qui se préparent depuis des jours, chacun à sa manière. Hillary Clinton n’a quasiment fait que ça de la semaine avec notamment des faux-débats pour s’entraîner face à un faux Trump. Pendant qu’Hillary Clinton la bonne élève s’enferme pour bachoter, Donald Trump le petit caïd s’entraîne comme un boxeur. En meeting à Philadelphie, il est monté sur scène sur la musique de Rocky et a répété son coup préféré : le crochet du droit.

"Où est Hillary aujourd’hui ? Ils disent qu’elle s’entraîne pour le débat... certains pensent qu’elle dort en fait !" - Donald Trump

Lui dit qu’il n’a pas besoin de trop préparer : il fait confiance à ses qualités naturelles de débatteur.

En tout cas s’il y a quelque chose qu’ils ont bien préparé, c’est le terrain pour un débat bouillant, en se rendant coup pour coup cette semaine.

Oui histoire de faire monter la tension. Après les bombes à New York et dans le New Jersey, Donald Trump a traité Hillary Clinton de "leader faible et stupide". Et Hillary Clinton, elle a répondu que Donald Trump était "un sergent recruteur pour terroristes", parce que ses propos sont repris par la propagande djihadiste sur Internet. Et puis quand la démocrate se demande à voix haute "Pourquoi n’ai-je pas 50 points d’avance dans les sondages avec un tel adversaire ?" Donald Trump répondu du tac au tac : "c’est parce qu’elle est effroyable… tout ce qu’elle fait est mauvais"… ça promet pour le débat demain.

On termine sur la campagne avec l’objet de la semaine Xavier.

Un bracelet anti-sueur avec le sigle Trump pour "restez en bonne santé comme lui !" dit la pub, et puis si vous l’achetez, vous financez sa campagne. Le bracelet ça marche aussi si Trump commence à vous faire suer.

Allez, on quitte la campagne, pour la troisième ville du pays, Chicago, qui ne sait plus quoi faire pour enrayer une criminalité record…

Oui figurez-vous qu’il y a eu à Chicago cette année plus de 530 meurtres c’est plus que tous les meurtres qu’il y a eu à la fois à New York et à Los Angeles, les deux plus grandes villes américaines. C’est du jamais vu depuis les années 90. La ville est désormais surnommé "Chiraq" contraction de Chicago et Irak. Il y a eu cette année un jour sans homicide à Chicago, et bien ça a fait la Une des journaux locaux. Le plus connu, le Chicago Tribune tient une comptabilité précise de chaque homicide, avec une carte de la ville et une liste exhaustive des noms des victimes mois par mois. Août a été le mois le plus meurtrier depuis 20 ans à Chicago. Je vous en parle parce que cette semaine, la ville a annoncé l’embauche de 1000 policiers supplémentaires pour tenter de faire face à ce fléau. Sauf que la police de Chicago elle-même est très critiquée pour sa brutalité et ses bavures, notamment depuis la mort choquante et très médiatisée d’un jeune noir il y a deux ans.

Comment on explique cette épidémie de meurtres Xavier ?

Principalement par la guerre des gangs, entre règlements de compte et querelles de territoire et par la banalisation des armes à feu. Il y a en moyenne une dizaine de fusillade par jour et souvent des balles perdues. Ce sont les quartiers défavorisés qui sont les plus touchés et les victimes sont en grande majorité noirs ou latinos. Alors que la criminalité avait beaucoup baissé ces dernières années aux Etats-Unis, elle a à nouveau explosé dans certaines villes comme Milwaukee, (+75% en 6 mois), Saint Louis, ou donc Chicago, à nouveau capitale du crime.

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