"L'option nucléaire" utilisée au Sénat américain

SAISON 2016 - 2017
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Neil Gorusch 4:20
© Mandel Ngan / AFP
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"L'option nucléaire" a été déclenchée au Sénat pour confirmer le candidat de Donald Trump, Neil Gorusch, à la Cour Suprême.

De quoi allez-vous nous parler ce matin ?

On commencera avec l’option nucléaire déclenchée, non pas en Syrie ou en Corée du Nord, mais au Sénat américain. On verra la voiture électrique dépasser la voiture à essence, au moins à la Bourse, et puis on finira avec du baseball, ce sport si dangereux… pour les spectateurs.

C’est parti, il a donc été question cette semaine d’"option nucléaire" au Capitole à Washington. Expliquez-nous.

Cette semaine, c’était le vote au Sénat pour confirmer le candidat de Donald Trump à la Cour Suprême. Neil Gorsuch a été choisi pour occuper à vie le 9e fauteuil de la plus haute juridiction du pays. C’est un sujet politiquement sensible, et les démocrates ont tout fait pour empêcher sa nomination. Ils sont minoritaires au Sénat, mais ils ont un pouvoir de blocage, parce qu’il faut une majorité des 2/3 pour confirmer un juge à la Cour Suprême.

Les Républicains ont dit "puisque c’est comme ça", on change les règles. Il n’y a désormais besoin plus que de la moitié des Sénateurs. C’est ça « l’option nucléaire », comme l’a expliqué avec gravité le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer.

Entendu sur europe1 :
Ça a été surnommé 'l’option nucléaire' pour une raison. C’est la mesure la plus extrême. Dans 20, 30 ou 40 ans, on pointera tristement ce jour comme un tournant dans l’histoire du Sénat. C’est le jour où nous nous sommes éloignés des principes que les Pères Fondateurs voulaient pour cette institution : des principes de coopération bipartisane, de modération, et de consensus.

Et oui, le Sénat était prévu pour être un lieu d’échange et de compromis. Il y a souvent eu des lois ou des nominations votées avec des voix à la fois démocrates et républicaines. Vous avez sûrement déjà vu ces tractations entre sénateurs dans des séries américaines.

Le problème c’est que la vie politique américaine est de plus en plus polarisée, il n’y a plus vraiment de centre et cette option "nucléaire" c’est la conséquence de ce changement.

La semaine dernière vous nous aviez parlé d’Hillary Clinton, elle est décidément de retour…

Oui elle s’est exprimée publiquement deux fois cette semaine. On va finir par créer une rubrique "la citation Clinton de la semaine". Ça pourrait être celle-là, à propos des frappes ordonnées par Donald Trump contre la Syrie. Le président américain a dit vouloir punir Assad pour la mort, je cite, de "beaux petits bébés". Voilà ce qu’en dit Hillary Clinton…

Entendu sur europe1 :
On ne peut pas parler de protéger les bébés syriens, et en même temps leur fermer les portes de l’Amérique.

L’ancienne candidate fait bien sûr référence aux décrets anti-immigration de Donald Trump : interdiction d’entrer aux Etats-Unis pour tous les réfugiés syriens. Une mesure suspendue par la justice américaine.

Cette semaine, on a aussi assisté à la Bourse américaine à un passage de relais symbolique…

Oui entre la voiture de demain et celle d’hier. La valeur de l’action Tesla, le fabricant d’autos électriques, a dépassé celle de Ford, le constructeur historique. Il y a un siècle, Henry Ford révolutionnait l’automobile avec la production à la chaîne. Aujourd’hui, c’est au tour du milliardaire Elon Musk, vous savez celui qui fait aussi les fusées spatiales réutilisables.

Son entreprise Tesla vaut donc plus que Ford et rattrape le leader General Motors (on tourne autour des 50 milliards de dollars). C’est frappant parce que Tesla ne fait pas encore de profits et est un nain en termes de production : moins de 80.000 voitures l’an dernier quand Ford en a vendu près de 7 millions et gagné des milliards de dollars.

Mais les investisseurs font le pari de l’avenir : le moteur électrique va remplacer le moteur à essence. Et surtout, l’entreprise paraît la mieux placée pour conquérir LE marché de demain : celui des voitures autonomes.

Et on termine avec du baseball, un sport étonnamment dangereux…

Oui la saison a recommencé la semaine dernière. C’est toujours un moment un très attendu. Avec cette année une interrogation : faut-il étendre les filets de protection pour le public dans les stades ? Chaque saison, il y a plus de spectateurs blessés que de joueurs ! 1750 en tout l’an dernier, touchés par des balles mal frappées qui partent sur les côtés.

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