Deux anti-corridas jugées devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour avoir envoyé des lettres piégées

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Ai-je le droit ? est une chronique de l'émission Le journal de la mi-journée
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Chaque matin, Roland Pérez évoque une question de droit en rapport avec l'actualité dans Europe 1 Bonjour.

On commence par le droit et cette affaire de lettres piégées renfermant des lames de cutter devant la justice,  ça se passe à Nîmes et c’est aujourd’hui, expliquez-nous?

Des enveloppes renfermant des lames de cutter et de rasoir avaient été envoyées à des pro corrida au début de l’année dernière,  les auteurs présumés qui comparaissent aujourd’hui à Nîmes  vont donc être jugées pour violence et blessures volontaires avec préméditation et réunion et avec armes. Au total ce sont 25 personnes liées au monde de la tauromachie qui avaient reçues ces lettres parmi lesquelles on trouve le directeur des arènes de Nîmes,  de valence et de Madrid ainsi que le patron des arènes d’Arles.

Quelles sont les peines encourues pour ces faits s'ils étaient avérés?

Les prévenus encourent jusqu’à 10 ans de prison!

On connaît la défense des deux auteurs qui vont comparaître toute à l’heure au tribunal de Nîmes?

A priori, ils ne contestent pas les faits matériels à savoir l’envoi de ces lettres, qu’ils ont justifié lors de l’instruction par le fait de ne pas supporter les tortures infligées aux animaux, ils voulaient, disent-ils, faire mal en glissant un cutter dans l’enveloppe, et d’ailleurs l’un des destinataire des lettres s’était entaillé un doigt en décacheta    ni l’une des lettres.

Et dites-moi Roland, j’imagine que les associations et autres comités anti-corrida n’ont pas soutenu de telles actions?

Vous avez raison puisque l’un des principaux groupe anti tauromachie a même condamné fermement l’envoi de ces lettres piégées même si  ce comité,  le CRAC (comité radicalement anti corrida)a tout même précisé : "les blessures infligées aux destinataires ne sont rien en comparaison des banderilles plantées dans le dos des taureaux".

Vous nous dites un mot Roland sur l’autorisation des corridas en France?

Oui, la tauromachie est une exception dans le code pénal,  puisque si l’article 521 du code sanctionne les actes de cruauté envers un animal domestique ou apprivoisé ou tenu en captivité,  cette interdiction dit la loi, ne s’applique pas aux courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Et il faut dire sur ce point qu’importée d’Espagne, la tauromachie s’est implantée dans le sud de la France depuis 1853 et d’ailleurs, cette tolérance s’exerce que dans quatre régions en France du sud justement. A suivre en tout cas le résultat de ce procès sur les anti-corridas qui s’ouvre ce matin à Nîmes.