Le retour des quatre roues directrices

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Tout roule est une chronique de l'émission Le grand journal du soir - week-end
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Chaque matin, Pierre de Vilno fait le point sur les dernières innovations automobiles.

L'innovation du jour : le retour d’une trouvaille qui avait été abandonnée pendant 20 ans. C’est la technologies dite 4RD, les quatre roues directrices.

Les quatre roues motrices, c’est le système 4x4 : au lieu d’être une traction ou une propulsion, la voiture bénéficie d’une transmission intégrale, sur les quatre roues. Mais les quatre roues directrices, c’est qu’avec le volant, non seulement les roues avant tournent, mais aussi les roues arrière.

A basse vitesse, les roues arrière tournent dans le sens inverse, ce qui facilite drôlement les manœuvres tandis qu'à haute vitesse, les roues tournent dans le même sens. Ça donne une impression de "tapis volant" car la voiture se déporte avec une facilité déconcertante.

Ce système, on s’y remet. Renault avec ses deux fers de lance premium du moment, notamment la berline Talisman, essayée mercredi dernier dans Tout Roule, et l’Espace V, essayée en septembre dernier.

Cette technique a-t-elle existé dans le passé ?

Dès la première guerre, les engins militaires adoptent cette technologie, pour des besoins de franchissement optimal. Dans les années 30, Mercedes propose le système sur quelques longs modèles de sa gamme.

Mais le lancement proprement dit sur une voiture de série, c’est 1987 avec la Honda Prelude qui à l’époque est le coupé luxe de la gamme. Mais le problème, c’est que ce premier système est entièrement mécanique, et il a suffi à quelques automobilistes de donner un coup de volant un peu trop franc à haute vitesse pour se retrouver dans le décor. Un an plus tard, Toyota, Mazda et Mitsubishi proposaient le même système, mais contrôlé par hydraulique et par ordinateur, Honda mit aussi un garde fou. BMW se lança en 1991 avec la série 8 puis Nissan et Infiniti, puis Chevrolet. Puis plus rien pendant 15 ans car les constructeurs firent face à de nombreux problèmes de fiabilité. En fait seul BMW continua de le proposer en option sur les modèles haut de gamme, série 7 et depuis 2011 série 5. L’Audi Q7 le propose sur la dernière version, essayée en août dernier dans Tout Roule. Renault retrouva cette innovation en 2008 sur Laguna III GT, il n'est donc pas étonnant que le système soit de nouveau de série sur les gros modèles de la marque.

Ce système est-il concluant ?

C’est déroutant au début. A l’essai de la Talisman, 4,85 mètres, qui est une longue voiture, les créneaux sont toujours beaucoup trop en surface car les quatre roues directrices avaient fait le travail. Donc en fait, il faut entrer l’arrière de la voiture très profond dans la place, quasiment à la verticale, pas du tout comme on vous l’enseigne à l’auto école puis ensuite débraquer à fond, et là magique, vous voilà garé.

En pleine vitesse, c’est comme un tapis volant. De toute façon, les roues arrière ne peuvent braquer qu’à trois degrés maxi, donc ce n’est qu’une sorte d’impulsion mais il faut prendre le coup de main au début.