Les Français de souche peuvent-il accéder au logement social ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Marine Le Pen affirme qu'il est quasiment impossible d'accéder au logement social pour nos compatriotes.

Vrai-Faux : le logement social vu par Marine Le Pen.

Alors que la loi ELAN sur le logement est débattue à l’Assemblée, la présidente du Rassemblement National défend ses propres propositions pour le logement social et pour les banlieues. Son mot d'ordre : la préférence nationale.

"Il est quasiment impossible d'accéder au logement social pour nos compatriotes".

Les Français n'accèdent quasiment plus au logement social. Vrai ou faux ?

C’est faux, même si depuis plusieurs années, Marine Le Pen martèle l’argument.

Selon les dernières données de l’Insee, issues de son enquête sur le logement, près de 80% des locataires du parc social sont Français de naissance. 8,6% ont été naturalisés, donc ils sont Français par acquisition, et 11,8% sont de nationalité étrangère (en situation régulière puisque pour accéder au Parc Social, il faut avoir des papiers.)

Et cette proportion varie peu (en 1982 déjà, les étrangers occupaient 10,8% du parc locatif social), car en réalité les Français continuent d’y accéder prioritairement.

C’est très clair quand on examine les bases de données d’attribution des logements : fin 2015, 1,258 million de familles étaient en attente d’un logement social, dont 78% de familles françaises. L’année suivante, en 2016, on leur a attribué 82,4% des logements disponibles. Et même dans les villes en tension, où se concentrent les populations immigrées, la répartition s'équilibre en faveur des Français : alors que davantage d'immigrés avaient fait une demande, des ménages français ont décroché 54% des logements à Saint-Denis, à Sevran, 73% à Drancy… Pour une raison simple : l’un des critères essentiels pour obtenir un logement reste de pouvoir le payer.

Or le pouvoir d'achat des ménages s'est dégradé ces dernières années, il n'y a pas assez de logements, et ceux qui existent sont trop cher. Une personne au chômage a trois fois moins de chances d’obtenir un HLM qu'une personne en emploi, et cela quelle que soit sa nationalité.

Marine le Pen veut aussi supprimer le droit au logement opposable (DALO), qui profiterait massivement aux étrangers.

Et c'est pourtant faux. Ce droit existe depuis 2007, il est censé donner la priorité aux plus précaires dans l’accès au logement. Près de 60% des requérants sont Français, et en réalité, peu de logements sont en fait en fait attribués : seuls 148 000 ménages ont été logés à ce titre depuis 2008, donc en 10 ans, et dans les Bouches-du-Rhône l'an dernier par exemple, 70% étaient des Français.

Donc instaurer une préférence nationale libérerait sans doute des logements, mais pas forcément là où sont les besoins, et cela ne bouleverserait pas la situation de nos compatriotes en attente.