La Belle Alliance Populaire part en ordre dispersé

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Le portrait de Catherine Nay est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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Le premier débat de la primaire organisée à gauche, s'est achevée sur un bilan mitigée selon Catherine Nay.

Le premier débat des sept candidats de la "Belle Alliance Populaire", a réuni 3,8 millions de spectateurs. Beaucoup moins que les 5,6 millions du premier débat des sept prétendants de la droite. Faut-il y voir un mauvais présage ?

En tout cas cela soulève une question : combien de votant le 22 janvier, le soir du second tour pour désigner le vainqueur ? En 2011, la première primaire de la gauche avait attiré 2,8 millions de votants. La gauche pavoisait... c'était avant les scores de la primaire à droite de 2016. On sent bien qu'il sera dur de rivaliser avec ce précédent quand sur le plateau télévisé. Quatre des sept candidats portaient comme une croix ce quinquennat de désillusion et de discrédit. On les a interrogé : "comment définissez-vous le bilan de François Hollande ?" "Difficile à défendre même s'il contient quelques avancées" lâche Montebourg. "Inachevé" selon Hamon. "Incompréhension profonde" pour Peillon. "Peut mieux faire" soupire Jean-Luc Bennahmias. Ils sont tous les quatre le reflet d'une gauche essorée. François De Rugy juge le quinquennat "contrasté". "Il faut le défendre" clame Sylvia Pinel. Seul Manuel Valls clame sa fierté d'avoir servi dans un "moment difficile." Vous voyez-bien qu'avec un climat pareil, le plateau télé s'est aussitôt teinté de gris !

Que retenez-vous de ce débat au final ?

Que c'était long ! Pendant la première partie j'ai regardé ma montre. Les sept candidats exprimaient leurs différences en évitant le pugilat, ce qui était bien pour eux. On voyait qu'ils se parlaient entre eux. Le débat était trop technique et trop confus pour s'élever au niveau d'une élection présidentielle et pour toucher les citoyens. On sentait que chacun préparait sa motion pour le prochain congrès socialiste. Dans cette perspective, Benoît Hamon remporte la palme de "l'utopie mobilisatrice" avec son revenu universel d'existence, que seul Jean-Luc Bennahmias approuve.

Peut-on dire qu'avec ce premier débat, on a aperçu un vainqueur ?

Non, mais un bénéficiaire oui ! Manuel Valls. Depuis son départ de Matignon on ne parlait que de ses revirements (49.3 et les 35h). "J'ai changé" et "j'ai mûri" répétait-il. Ce débat lui a permis de retrouver sa cohérence, surtout lorsqu'il a été question de sécurité et de terrorisme. On a retrouvé le Premier ministre avec ses accents d'autorité. Il n'a cependant pas du tout gagné par K.O. Il peut certes relégué ses adversaires au rang apparatchik se disputant la tête du PS quand lui vise plus haut. Arnaud Montebourg est apparu un peu pâlichon, sans son panache habituel. Va-t-il se réveiller demain ? Vincent Peillon était très professoral et le plus acrimonieux des sept. Benoît Hamon a réussi à faire tourner le débat autour de son "revenu universel", ce qui lui donne l'image du plus innovant. François de Rugy s'est montré plein de bon sens et Sylvia Pinel a fait de son mieux. Jean-Luc Bennahmias, soit-disant le plus déjanté des sept, qui s'est montré pourtant le plus lucide : "nous sommes sept petits candidats." Pourquoi "petits" ? Veut-il dire "qui parmi nous est en capacité d'être au second tour ?" Personne. C'est bien pour ça que l'intérêt pour cette primaire est déjà retombé.