François Hollande sort du bois

SAISON 2016 - 2017 , modifié à
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A une semaine du premier tour de l'élection présidentielle, François Hollande livre ses premières impressions sur la campagne et revient sur son quinquennat. 

Bonjour Catherine,

Bonjour Wendy, bonjour à tous...

Alors qu'il avait fait voeu de silence, François Hollande a décidé de parler... Dans un entretien testament au journal Le Point, il livre son diagnostic sur le piètre niveau de la campagne, multiplie les tâcles et insiste surtout sur la marque qu'il laissera dans l'histoire...

On est jamais aussi bien servi que par soi-même... Depuis son renoncement à se représenter, le Président est sorti des radars... Sa parole n'est plus audible... Ce sont ses derniers jours à l'Elysée... Déjà la nostalgie à fleur... Alors il en profite pour faire, au fond, ce qu'il aime le plus : des commentaires à la presse... un travers qui a pourtant précipité sa chute... Interrogé par François-Olivier Giesbert, il réécrit l'histoire, la sienne... D'abord, il règle quelques comptes : avec les frondeurs, qui ont pourri son quinquennat : "J'ai tout de suite compris, dit-il, que leur outrance serait suicidaire... Ils se sont déchaînés contre moi, mais n'ont ensuite récolté aucun laurier... Leur stratégie ne pouvait conduire nulle part... Quand on est socialiste, on mène une politique sociale-démocrate, sinon on se tient dans l'opposition en attendant le grand soir." Et à l'entendre, vous comprenez pourquoi Benoit Hamon s'est planté ! C'est bien fait !

Il n'est pas très amène non plus avec Manuel Valls...

Oui, si François Hollande a renoncé à se représenter, c'est parce qu'il n'a pas senti de mouvement en sa faveur, compris qu'il aurait du mal à rassembler les socialistes... Mais il y avait aussi son Premier Ministre qui le poussait à renoncer, parce qu'il voulait y aller... Or, dit-il aujourd'hui, l'intérêt de Manuel Valls, c'était que je sois candidat...

Le savait-il, interroge Fog ? Hollande respire fort, un silence, et réponse : "Je pense qu'il l'a su... En tout cas, s'il ne le savait pas, il le sait maintenant."... Et pan sur la tête de celui qui a échoué à la primaire.

Au fait, la primaire, François Hollande décrète qu'il faut l'enterrer...

Il ne doit plus y en avoir, dit-il, parce que ça détruit les partis... Et puis, il est impossible d'être Président et en même temps candidat à la primaire... Dans ce cas, pourquoi les avoir acceptées ? Réponse : "Je pensais qu'il n'y en aurait pas parcequ'elles n'avaient pas lieu d'être."

Manière d'avouer qu'il n'adhère qu'au principe que parce qu'il le croit inapplicable... Du Hollande tout craché !

Lorsque François Hollande parle d'Emmanuel Macron, ses compliments sont plutôt "Mi-chèvre / mi-chou"...

Il raconte que lorsque son jeune ministre est venu lui dire qu'il lançait son propre mouvement, il ne l'a pas découragé... "parce que la politique a besoin de renouvellement... mais son pari d'être candidat m'a paru audacieux", dit-il... Bel euphémisme pour dire qu'il n'a pas du tout apprécié de se voir mis devant le fait accompli... Si François Hollande n'a pas eu de bol, comme il l'a dit, selon lui, Macron a de la chance : "sa stratégie n'a donné de résultats qu'à cause d'un concours de circonstance... Mais ça ne suffit pas, il faut un contenu qu'il doit affirmer encore." Donc, François Hollande n'est pas vraiment convaincu... Mais si sa chance dure, si Macron est élu, il ne disposera pas forcément d'une assemblée à sa botte... "Je ne crois pas à l'automaticité des majorités", dit le Président... Façon de prédire la pluie après le beau temps...

En vérité, le souci principal de François Hollande est de démontrer que ses successeurs auront la chance d'hériter d'un bon bilan : le sien !

"Je suis fier d'avoir redressé l'économie française... Elle va mieux qu'en 2012... personne ne peut le contester", affirme François Hollande... Manque pas d'air... objection votre honneur, parce qu'en réalité la situation de la France est très préoccupante, dans tous les domaines : dette, déficit, emploi, commerce extérieur, paupérisation... Déséquilibre entre la sphère publique hypertrophiée et une société civile étouffée : le constat est malheureusement tragique !

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