Attentats de Paris : le point sur l'arrestation de Salah Abdeslam

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Le portrait de Catherine Nay est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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Catherine Nay revient sur l'arrestation de Salah Abdeslam, capturé hier à Molenbeek. Une capture qui sonne comme la victoire de la coopération policière franco-belge.

 

W.B. : Le dernier suspect des sanglants attentats de Paris Salah Abdeslam a été capturé hier dans la commune de Molenbeek à 16 h 40. Nous en parlons depuis ce matin, Catherine Nay...

C.N : Quand nous l'avons appris, nos pensées émues sont aussitôt allées vers les familles des victimes. Cette arrestation ne ramènera évidemment pas à la vie ceux qu'ils pleurent. Mais ce doit être pour eux un premier soulagement: que Salah Abdeslam ait été capturé vivant signifie qu'il va devoir s'expliquer sur ses actes odieux. Ce sera le début de leur travail de deuil. Repéré à Molenbeek, au lendemain des attentats, apparemment, Abdeslam y est resté. Il a bénéficié d'un soutien logistique. Mais de quelle ampleur ? Son interpellation est-elle le fruit de la chance ? Ce sont ses appels désespérés à des proches qui ont fini par guider les enquêteurs jusqu'à sa dernière planque. Abdeslam est vivant parce-que c'est un trouillard. Le 13 novembre, il ne s'est pas fait sauter comme son frère. Il a jeté sa ceinture d'explosifs dans une poubelle et a appelé des amis à Molenbeek pour venir le chercher.

W.B. Molenbeek, une banlieue de Bruxelles. qu'après les attentats Donald Trump qualifiait de trou à rats...

C.N : Cette banlieue de la terreur est une commune de 50 000 habitants, à 15 mn à pied du centre de Bruxelles. Composé de micro quartiers où plus de 100 nationalités cohabitent. Avec le chômage, la pauvreté, depuis plusieurs années, le poids de la religion s'y fait de plus en plus sentir. Les réseaux salafistes quadrillent les rues pour alpaguer les jeunes. Depuis des années, derrière chaque attentat, il y une halte à Molenbeek. Abdessatar Dahmane impliqué dans l'assassinat du Commandant Massoud, en 2001, y vivait et il est considéré aujourd'hui, comme l'un des principaux responsables des attentats de novembre. Ainsi, Medhi Némouche, auteur de l'attentat contre le musée juif à Bruxelles en 2014. Ainsi, les frères Kouachi et Coulibali impliqués dans les attentats de Charlie Hebdo et de l’épicerie cacher en janvier 2015. Ainsi Ayub El Khazani désarmé dans le TGV Amsterdam Paris en août dernier. Ainsi la cellule constituée autour d'Abdelhamid Abaoud, organisateur des tueries de novembre. Que ce lieu soit si circonscrit est aussi une chance pour les enquêteurs.

W.B. . Cette capture sonne-t-elle comme une victoire de la coopération policière franco belge ?

C.N : Elle récompense le travail acharné et compliqué des forces de l'ordre et des services de renseignements des deux pays. Hier, la présence de François Hollande au côté du premier ministre belge Charles Michel renforçait ce sentiment alors qu'elle n'était que pure coïncidence. Le président participait à un conseil européen sur les migrants. Ces mystères nous échappent, feignons d'en être les organisateurs. L'image était assez forte pour qu'Obama les appelle tous les deux pour les féliciter. Le président a prononcé les mots qu'on attendait de lui. La France demande à la Justice Belge l'extradition de Salah Abdeslam. Il y aura un procès à Paris. On en saura plus sur ces islamistes, fanatisés, surarmés, déterminés et organisés. Il s'est félicité sur la coopération entre les deux pays "elle a été intense même si cela a été long". Mais il l'a dit cette arrestation n'est pas une conclusion définitive. Le combat n'est pas terminé. Tous les réseaux conduisent en Syrie et il averti le niveau de la menace est très élevé en France et en Belgique.