L'access de C8 modifié, les journalistes devant l’ambassade d’Algérie, l'hommage à Annie Cordy et Instagram accusé de censurer Charlie Hebdo

  • A
  • A
9:22
Le journal des médias est une chronique de l'émission Culture médias
Partagez sur :

C8 a décidé de modifier l'ordre de son acces en intervertissant "À prendre ou à laisser" et "TPMP". Officiellement, ça serait pour des questions d'hygiène. Il faut cependant noter que les audiences en baisse y sont peut-être également pour quelque chose. Les journalistes se mobilisent ce lundi matin devant l'Ambassade d'Algérie à Paris en soutien à Khaled Drareni, le correspondant de TV5 Monde en Algérie, dont le procès en appel se tiendra ce mardi. Les chaînes de télévision ont décidé d'adapter leur programmation pour rendre hommage à Annie Cordy décédée à l'âge de 92 ans. Plusieurs comptes Instagram de l'équipe de Charlie Hebdo ont été suspendus suite à la publication de la Une du journal satirique.

Un nouvel access pour C8 !

Lundi dernier, la chaîne a mis en place une programmation ambitieuse pour ses fins de journée. À 17h45, l’émission de débats sur l’actualité "Balance ton Post". À 18h45, son talk-show consacré à la télé, "Touche pas à mon poste". Et à 20h15, le jeu "À prendre ou à laisser". Les trois programmes sont tous les trois animés par Cyril Hanouna, et sont tous les trois en direct. Mais dès ce week-end, la chaîne a décidé de modifier sa programmation. Elle va intervertir "Touche pas à mon poste" et "À prendre ou à laisser". Le jeu sera désormais diffusé à 18h30 et le talk-show prendra la suite, de 19h40 à 21h15 environ.

Pourquoi changer si rapidement ?

Officiellement, pour des raisons d’hygiène. Sur Twitter, Cyril Hanouna a assuré que c’était impossible de nettoyer en sept minutes (soit le temps d’une coupure pub) le plateau qui sert à la fois à "Balance ton post" et "Touche pas à mon poste". En réalité, difficile de ne pas voir dans ce changement de programmation une réaction rapide aux audiences décevantes que le trio d’émissions réalise depuis sa mise à l’antenne.

Ça ne marche pas ?

Pas des masses… De lundi à jeudi, "Touche pas à mon poste", qui est découpée en deux parties, a réuni environ 500.000 téléspectateurs en première partie et 700.000 en deuxième, pour 3,4% de part d’audience.  

L’an dernier, l’émission démarrait vers 19h45 et durait jusqu'à 21h15, soit les horaires qu’elle va à nouveau adopter dès ce soir. Pour sa rentrée, elle avait frôlé le million sur la première partie et atteint quasiment 1,3 million sur la deuxième. La part d’audience, elle, s’élevait à 4,7% et 5,6% respectivement.

"À prendre ou à laisser" était loin de ces scores la semaine dernière avec 450.000 téléspectateurs pour sa première partie et 750.000 pour la seconde, soit 2% et 3,2% de part d’audience.

Il y a quelques minutes a débuté un rassemblement de journalistes devant l’ambassade d’Algérie à Paris.

Bernard de la Villardière, Anne-Claire Coudray, Guy Lagache et Harry Roselmack sont tous attendus ce matin pour soutenir le journaliste algérien Khaled Drareni. Son procès en appel se tiendra demain et plusieurs mobilisations ont été organisées ces derniers jours, à Tunis, à Washington et donc à Paris ce matin, pour défendre la liberté de la presse.

Qui est Khaled Drareni ?

C’est le correspondant de TV5 Monde en Algérie, qui a couvert pendant plusieurs mois les manifestations du Hirak, ce mouvement populaire de contestation du pouvoir algérien. En mars, il a été arrêté alors qu’il faisait son travail en pleine manifestation, et il a été accusé "d'incitation à attroupement non armé" et "d’atteinte à l'unité nationale".

Khaled Drareni a été condamné en août à trois ans de prison ferme et c’est son procès en appel qui se tiendra demain. Bernard de la Villardière nous explique pourquoi il a tenu à participer à ce rassemblement ce matin.

Cette manifestation pour défendre la liberté de la presse intervient une semaine après le coup de colère d’Emmanuel Macron contre le journaliste Georges Malbrunot. De nombreux journalistes avaient crié à l’atteinte à la liberté de la presse, justement.

La télé rend hommage à Annie Cordy

On l’a appris vendredi soir, la chanteuse et comédienne belge nous a quittés à l’âge de 92 ans. Adorée du grand public, elle avait enregistré 700 chansons et tourné dans plusieurs dizaines de films. Pour lui rendre hommage, plusieurs chaînes ont décidé de bousculer leur programmation, à commencer dès hier par France 2. Dans "Les Enfants de la télé", Laurent Ruquier a proposé aux téléspectateurs de revoir ou de découvrir des moments marquants de la carrière d’Annie Cordy.

Ce soir dès 19h, "C à vous" sur France 5 s’intéressera également à l’œuvre de la chanteuse et actrice. Sur France 2, après les deux épisodes de "La Garçonne", place au téléfilm "Illettré", tourné en 2018 et dans lequel Annie Cordy incarnait une grand-mère attachante. Il s’agit de son dernier rôle.

Jeudi, France 3 déprogramme sa soirée pour la consacrer à Annie Cordy. À 21h05, le film de Jean-Paul Rouve "Les Souvenirs", sorti en 2015 dans lequel la comédienne avait ému le public. Le film sera suivi d’un documentaire inédit baptisé "Annie Cordy, une vie d’artiste".

Instagram a-t-il censuré "Charlie Hebdo" ?

C’est ce qu’on a pu croire ce week-end. Samedi soir, la journaliste Laure Daussy a indiqué sur Twitter que son compte Instagram avait été suspendu après la publication de la Une de "Charlie Hebdo". Sur cette Une, on en a parlé la semaine dernière, on peut revoir les caricatures de Mahomet publiées par le journal en 2006.

Dimanche matin, c’était au tour de la dessinatrice Corinne Rey de subir le même sort. Face à cette apparente censure, les appels à diffuser plus massivement encore la Une de "Charlie" ont fleuri sur les réseaux sociaux.

Mais est-ce qu’il s’agissait bien d’une censure ?

Oui et non. Les comptes ont bien été suspendus mais pas à l’initiative d’Instagram. Contacté par le Figaro, le réseau social indique que tout a été rétabli dès qu’il a été informé de la situation.

Qu’est-ce qui s’est passé, alors ?

Des utilisateurs ont signalé en masse la publication de la journaliste et de la dessinatrice, et les comptes ont donc été automatiquement suspendus. En revanche, ça n’a pas été le cas pour le compte Instagram de "Charlie Hebdo", qui avait publié la Une et qui n’a pas été censuré.

On reste dans l’univers des caricatures avec un dessin polémique publié dans "L’Humanité".

Un dessin signé Espé, sur lequel est représentée la journaliste sportive Marion Rousse dénudée, en train d’interviewer le cycliste Julian Alaphilippe, qui n’est autre que son compagnon à la ville, et qui a l’air très, très content de répondre à ses questions.

La consultante a rapidement fait part de sa déception sur Twitter : "Désabusée, L’Humanité porte de plus en plus mal son nom. Il faut n’avoir aucun respect des femmes, de la femme, pour rabaisser à ce niveau six ans de consulting sportif à la télévision". De nombreux confrères lui ont emboîté le pas, et le journal n’a pas tardé à réagir.

Toujours sur Twitter, "L’Humanité" a présenté ses excuses à Marion Rousse. "Nous partageons totalement l’indignation devant ce dessin. Nous l’avons rapidement dépublié. Il est contraire aux valeurs de L’Humanité, qui promeut la dignité des êtres humains et le combat féministe. Nous prions Marion Rousse de nous excuser de ce manque de vigilance".

Une bonne nouvelle pour le cinéma !

Oui, car le box-office retrouve des couleurs ! Depuis le mois de mars et l’explosion des cas de COVID un peu partout sur la planète, le monde du cinéma est à l’arrêt, ou presque. Les sorties internationales ont toutes été repoussées ou annulées, jusqu’à "Tenet", le nouveau film de Christopher Nolan. Sorti vendredi aux États-Unis, "Tenet" a généré 20 millions de dollars ce week-end. C’est très peu pour un film de Christopher Nolan, mais seuls 65% des cinémas américains ont rouvert. Ils sont toujours fermés à New York ou Los Angeles, et compte tenu de la situation, ce démarrage est très encourageant.

À l’international, "Tenet" se porte encore mieux. Le film a d’ores et déjà atteint la barre des 150 millions de dollars, avec un très bon démarrage en Chine. Et en France, les spectateurs se sont rués dans les salles. Près d’un million de personnes ont vu le film pour sa première semaine dans les salles, entre le 26 août et le 1er septembre, et on attend avec impatience les chiffres de sa deuxième semaine.