Sort des djihadistes français jugés au Levant : Belloubet en contradiction avec le reste du gouvernement

SAISON 2017 - 2018
  • A
  • A
Partagez sur :

Chaque matin, Sylvain Chazot du Lab d'Europe 1 nous dévoile les coulisses de la politique.

Il est question des djihadistes français jugés sur place, au Levant. Visiblement, le gouvernement est divisé sur le sujet.

Que doit faire la France si un djihadiste français est condamné à mort en Irak ou en Syrie ? Une question loin d’être tranchée et pour cause, elle revêt des dimensions politiques, juridiques, diplomatiques mais aussi philosophiques. Du coup, même au sein du gouvernement, on n’est pas toujours d’accord sur la question.
Nicole Belloubet, par exemple. La ministre de la Justice était ce dimanche l’invitée du Grand Jury RTL. Pour elle, c’est simple : si un djihadiste français est condamné à mort, la France agira.

Sauf que cette position n’est visiblement pas partagée par tout le monde au gouvernement.

Florence Parly, ministre des Armées, n’est pas vraiment sur la même longueur d’ondes. Le 22 janvier, elle estimait que la France n’avait pas à avoir d'états d'âme avec les djihadistes. La veille, sur France 3, elle disait "pas d'angélisme". Gérard Collomb et Jean-Yves Le Drian sont plutôt sur cette position de fermeté. Le second assure quand même qu’en cas de condamnation à mort, le condamné bénéficiera d’une protection consulaire.

On a vraiment l’impression d’une grande hésitation. Est-ce que c’est le cas ?

En apparence oui et pour cause : le sort des djihadistes français place le gouvernement face à un gros dilemme. Depuis 1977, aucun citoyen français n’a été exécuté à l’étranger. Lors du précédent quinquennat, François Hollande était même personnellement intervenu pour empêcher l'exécution de Serge Atlaoui, condamné à mort pour trafic de drogue en Indonésie.
Généralement, l’opinion publique suit mais ce n’est pas du tout le cas avec les djihadistes français.
On a donc deux hypothèses : soit les Français se moquent du sort de ces combattants et Paris n’aura qu’une protestation formelle. Soit les condamnés à mort suscitent une grande émotion et le gouvernement agira plus promptement. Pour l’instant, c’est plutôt la première option qui tient la corde.

Les émissions précédentes