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La presse quotidienne revient ce mardi sur l'affaire Richard Ferrand qui agite en ce moment la politique française.

Ce matin en Une de vos journaux on commence à s’agacer :
Aujourd’hui en France, avec photo de Richard Ferrand : La moralisation, c’est pour quand ?

Et puis un peu partout, l’agitation politicienne :
Le Monde : Législatives : la recomposition politique s’accélère, PS et LR menacés.

Mais il y a aussi la grande politique sous les ors de Versailles :
Le Figaro : Macron et Poutine : l’entente contre le terrorisme.

Coptes

La presse avait cité les faits, 29 morts en Égypte, mais il faut lire dans Le Figaro le récit de l’attaque pour comprendre le martyre des chrétiens égyptiens. Un faux barrage qui arrête les trois véhicules, des fidèles se rendant au monastère Saint-Samuel pour un baptême, une deuxième voiture remplie d’enfants et les neuf ouvriers du monastère. Ils font sortir les hommes, leur ordonnent de se convertir et les abattent d’une balle dans la nuque ou dans la bouche, puis demandent aux femmes de descendre avec les enfants et tirent à l’aveugle. Les policiers des alentours ont entendu les tirs mais ne sont pas intervenus, n’ont pas même appelé d’ambulance. En représailles, Al-Sissi a bombardé la Libye parce que "des Égyptiens" ont été tués. Un peu plus loin dans Le Figaro, l’écrivain algérien Boualem Sansal décrit ce qu’il appelle les trois dimensions de l’islamisme. L’Islam politique, et ses instruments symboliques visibles qui s’imposent dans les territoires où l’Islam est majoritaire, l’islamisme djihadiste dont le but n’est pas la conquête mais la destruction d’une civilisation honnie. Enfin, ce qu’il appelle "l’expansion sans bruit ni fumée", l’enracinement de l’islam sunnite soutenu par les pays musulmans et les grandes organisations islamiques. Le multiculturalisme, pour lui, n’est pas une réponse parce que les islamistes ne veulent rien qui soit égal à l’Islam. "C’est ainsi que dans les pays arabes et dans maints quartiers en France, on a si bien fait qu’il ne reste pas un chrétien vaillant, pas l’ombre d’un juif, pas un présumé homosexuel, pas un artiste, pas un libre penseur, pas une femme en pantalon". Vision maximaliste. Mais le silence qui entoure l’éradication des chrétiens d’Orient a quelque chose de gênant.

Macron et Poutine

Après une campagne présidentielle à utiliser le président russe comme épouvantail, la presse semble s’apercevoir que la diplomatie ne consiste pas à parler qu’avec les gentils. "Reste maintenant à transformer l'essai, note Olivier Pirot dans la Nouvelle-République, et que ces belles paroles ne soient pas balayées à la première pression russe ou passage en force d'un Vladimir Poutine qui n'a pas non plus semblé impressionné par son interlocuteur". Comme l’écrit Maurice Ulrich dans L’Humanité, "Il est bien évident qu'il vaut mieux discuter avec Vladimir Poutine plutôt que de jouer les matamores pour au total parler dans le vide, comme lors du précédent quinquennat. La France a à retrouver une place réelle et non pas autoproclamée, et pour une bonne part fantasmée, dans les débats entre puissances".

Environnement

En Une de l’Opinion : Cop 21 : ça chauffe ou ça brûle ? Mais deux articles démontrent que le climat ne doit pas occulter le reste. Une excellente enquête de l’Humanité sur la surpêche et ces cuisiniers français qui commencent à se mobiliser en regardant scrupuleusement la provenance des poissons qu’ils servent. Hélas, ce sont les flottes de pêche de la grande distribution et de l’industrie agro-alimentaire qui font la loi et ravagent les océans dans l’indifférence des consommateurs. Et puis l’article de Stéphane Foucart dans Le Monde se souvenant qu’il y a 40 ans, lors du moindre déplacement, un pare-brise était constellé d’insectes. En 25 ans, 80% des insectes d’une réserve naturelle allemande ont disparu. Les néonicotinoïdes sont responsables. Pire, dans les zones où de grand épandage, les rendements agricoles ont baissé. Dangereux, donc, et contre-productifs. Mais les fabricants réussissent malgré tout à éviter l’interdiction par Bruxelles.

 

Le climat, ce n’est pas son truc. Donald Trump effectuait sa première tournée internationale et un journal allemand a voulu en dresser le bilan en Une. Die Tageszeitung a donc affiché un urinoir façon toilettes publiques, constellé de tags : les Allemands sont mauvais, très mauvais. Tellement fantastique d’être ici #yadvashem. Et en très gros : Trump was here.