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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, un visage, celui de Vladimir Poutine.

"Le toxique monsieur Poutine", titre l’Opinion.
"Espion empoisonné : la guerre froide n’est pas finie", ajoute le Parisien qui publie une tribune du ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson : "l’État russe a procédé à une tentative d’assassinat, dit-il, et l’inquiétante vérité, c’est que, ce qui s’est passé à Salisbury aurait pu se produire n’importe où".

L’affaire du poison donc, qui "empoisonne la présidentielle russe", écrit le Figaro. Même si tout le monde n’est pas de cet avis, puisque l’Humanité, qui fait également sa Une sur Poutine, nous dit que "ce sur quoi le président sortant est attendu", eh bien c’est "la question sociale".
Autre point de vue, cette fois dans les Échos, le problème de "l’abstention", ce que confirme La Croix avec un reportage à Nijni Novgorod, 5e ville du pays, à la rencontre des jeunes.

"Ils n’ont connus que Poutine", titre le journal, mais d’après un sondage, 55% des 18-25 ans disent avoir confiance en lui.
"parce qu’il a restauré l’ordre dans le pays, explique Ksenia, 20 ans
"parce qu’il est comme nous, il est simple, ajoute Alona, 25 ans,
"parce qu’il a rendu notre armée puissante", précise un autre…
Mais ce qui se dégage du reportage d’Olivier Tallès, c’est surtout l’indifférence de la jeunesse, à l’image de Nikita, Mikael et Alexandre : "ça n’a pas de sens de se déplacer pour voter, ce scrutin est un non-évènement", disent ils "trop de corruption à tous les échelon", ajoute un autre…
Des jeunes qui ne suivent pas la campagne, comme Tatiana, consultante et bloggeuse : "moi je vis, j’avance, je n’attends rien de l’État, dit-elle, Poutine, je le respecte, parce qu’il faut un leader fort pour ce pays, mais, 18 ans au pouvoir, c’est trop long".

Un risque d’abstention massive contre lequel le parti de Vladimir Poutine pense avoir trouvé la parade : des IPhone à gagner pour ceux qui feront le meilleur selfie dans l’isoloir, des places de concerts ou encore des produits ménagers à prix discount.

Reportage dans une Russie politiquement lassée, à lire donc dans La Croix.

L’autre titre qui occupe beaucoup de Unes, ce sont les manifestations d’hier.

Oui, la presse nationale se focalise sur la Russie, les quotidiens régionaux, eux, comptent leurs manifestants.
Retraités et personnels des Ehpad donc, en Une de Ouest-France, la Dépêche du Midi, la Marseillaise, l’Éclair des Pyrénées, ou encore l’Est Républicain…
160 défilés, plusieurs dizaines de milliers de personnes battant le pavé….
"Et, entre la CSG, la politique de santé et les étudiants, la mobilisation ne fait que commencer", titre L’Écho de la Haute-Vienne.
"De quoi contredire, écrit Laurent Bodin dans l’Alsace, la petite phrase du président prononcée hier : "je ne sens pas de colère dans le pays"".
Et puis, mobilisation toujours, le magazine Ebdo anticipe, lui, celle des fonctionnaires prévue pour jeudi prochain contre les 120.000 suppressions de postes promises par Emmanuel Macron…
En couverture : "École, tribunaux, hôpitaux, les citoyens défendent leurs services publics", reportage à Carpentras où le tribunal, menacé, est pourtant le dernier poumon économique d’une ville désertée, témoignage aussi de plusieurs maires dans la Nièvre qui se battent pour préserver leurs services d’urgence ou encore d’habitants dans l’Allier qui craignent les fermetures de classes.
Portait d’une France qui a plus que jamais besoin de service publics à lire donc dans Ebdo.

Ebdo qui, c’est Libération qui nous le dit sur son site, ne va pas très bien.

Il est même "en lutte pour sa survie financière : deux mois après son lancement, écrit Jérôme Lefilliâtre, le magazine est à court de trésorerie. En cause, l’enquête mal ficelée et très critiquée sur la plainte classée sans suite pour viol contre Nicolas Hulot".

Rumeurs de liquidation judiciaire, de plan social et de cessation de parution. "Nous sommes à la croisée des chemins, reconnait Laurent Beccaria, on explore toutes les pistes pour sauver le meilleur de ce journal".
Alors que sort le 10e numéro ce vendredi, "le nombre d’abonnés stagne à 8.000, précise Libération, celui des ventes au numéro est tombé à 10.000, loin, très loin des objectifs : 70.000 abonnés et 20.000 ventes. Plus grave, l’affaire Hulot a fait fuir un gros investisseur individuel (…) et avec lui une augmentation de capital de deux millions d’euros. Les crédits bancaires de quatre millions n’ont pas non plus été débloqués".
"Bref, on n’a pas six mois, résume Laurent Beccaria, ça se compte en semaines".
Un papier publié sur le site Libération.fr

Enfin, ce vendredi 16 mars c’est la journée nationale du sommeil, et l’évènement intéresse plusieurs journaux.

Le Populaire du Centre en fait même sa Une et Midi Libre donne la parole aux insomniaques. Comme Gilbert, gendarme, qui se dit "fracassé" par les horaires de nuit ou Thierry, qui lui, a peur de "mourir dans son sommeil".

D’après l’Institut national du Sommeil, 30% des français déclarent souffrir de troubles du sommeil, 73% se réveillent pendant la nuit, nous dit Le Parisien, et 88% des 15-24 ans estiment ne pas dormir suffisamment.

C’est grave, parce qu’au-delà de la « fatigue immédiate écrit le Parisien, les insomnies provoque une irritabilité, une baisse dangereuse de la réactivité et surtout un affaiblissement de l’organisme qui le rend moins résistant aux bactéries.

Et puis dossier également dans le supplément Week-end des Échos qui propose un gros dossier sur la meilleure façon de dormir : "en premier lieu, écrit Claude Vincent, exit les tablettes et les smartphones ! Non seulement, il est fortement déconseillé de pianoter dans son lit… Mais, en plus, sachez que, même posés en veille sur la table de nuit, ils empêchent de déconnecter. D’après les spécialistes, le cerveau est sur ses gardes, attendant un SMS ou une notification. Pas de portable avant de se coucher donc, ça parait évident mais il faut le redire. Pas d’activité physique non plus, pas de chauffage trop fort, 18° dans la chambre, c’est bien. Les livres, oui "mais pas plus de dix minutes", préviennent Les Échos Week-end, sans qu’on comprenne vraiment pourquoi. Manger des aliments faciles à digérer, pas trop gras, ni sucré, ni salés, et ce, deux ou trois heures avant de se coucher, éviter l’alcool, éviter le duo salade/yaourt parce que trop léger, ne pas consommer de café après le déjeuner,
boire beaucoup d’eau toute la journée".

On arrête là parce que la liste est épuisante d’autant que, finalement, la "meilleure façon de dormir", c’est de ne pas trop réfléchir.