Premier tour : les candidats vont jeter leurs dernières forces dans la bataille

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SAISON 2016 - 2017

Alors qu'il ne leur reste que cinq jours pour faire campagne, les candidats vont tous se caricaturer les uns les autres pour faire basculer le vote.

La politique, ce matin, c’est cette dernière ligne droite. Cinq jours pour faire campagne jusqu’à vendredi minuit et des sondages qui mettent Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon dans la marge d’erreur donc tous qualifiables. Meetings en série, déplacements et émissions, les candidats vont jeter toutes leurs forces dans cette dernière bataille.

David Doukhan vous annonce pour ces cinq derniers jours une disparition, celle de la subtilité. Dans ce contexte où tout le monde croit avoir sa chance, les états-majors sont d’accord sur une chose : pour faire basculer le vote, surtout celui des indécis, il va falloir faire du gros rouge qui tache. Donc Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron vont nous expliquer que Jean-Luc Mélenchon c’est l’arrivée des chars soviétiques à la Concorde. Jean-Luc Mélenchon va nous dire qu’Emmanuel Macron et François Fillon, indifféremment d’ailleurs, c’est la promesse d’une destruction totale de notre modèle social. Marine Le Pen va accuser Emmanuel Macron d’être un communautariste ami des islamistes. Emmanuel Macron va essayer de démontrer qu’il n’y a aucune différence entre Marine le Pen et son père. Bref, ils vont tous se caricaturer les uns les autres, avec comme ressort principal pour motiver le vote, la peur.

À quoi ça sert ?

D’abord c’est comme ça à chaque fois, une fin de campagne c’est toujours un moment de crispation, on ne retient plus ses coups, on essaie de faire chuter l’adversaire par tous les moyens. Mais cette fois-ci il y a une spécificité, un nouveau clivage profond et sérieux. La France prend, en cette fin de campagne, les allures d’une "maison divisée". Vous connaissez cette expression historique "la maison divisée" ? Elle est tirée d’un discours d’Abraham Lincoln en 1858 dans lequel il mettait en garde la nation américaine sur la question de l’esclavage. Trois ans plus tard éclatait la guerre de sécession. Il ne s’agit pas, ici, ce matin, d’annoncer un risque de guerre civile dans la France de 2017 (nos institutions sont puissantes) mais juste de pointer que le bon vieux clivage droite gauche est en train de s’effacer pour laisser place à un désaccord bien plus fondamental entre les Français qui vont bien et qui n’ont pas peur du monde et les autres, exclus de la prospérité, qui ne voient plus en lui que des ennemis, des prédateurs dont il faut se protéger. Quels que soient les résultats dimanche prochain et dimanche 7 mai, s’il veut réformer le pays le nouveau Président devra commencer par réconcilier les Français.