L'impôt sur le revenu doit baisser en 2020 "pour de bonnes et de mauvaises raisons"

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L'éclairage éco est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Ce lundi matin, Nicolas Barré nous explique comment l'impôt sur le revenu va baisser en 2020 tout en voyant ses recettes augmenter. 

Pas simple, la communication gouvernementale! Surtout quand il s’agit de l’impôt sur le revenu qui doit baisser l’an prochain, mais dont les recettes vont augmenter.

Oui en ces temps où on a l’habitude de douter de la parole publique, il va falloir que Gérald Darmanin et le gouvernement en général déploient des trésors de pédagogie pour expliquer l’énigme de l’impôt sur le revenu 2019. Il est censé baisser de 5 milliards et pourtant, les recettes vont augmenter de 3 milliards. Et ce pour de bonnes et de moins bonnes raisons. D’abord deux bonnes raisons. Un : les revenus des Français augmentent. Les salaires ont progressé et la situation de l’emploi est meilleure.

Donc plus de gens paient l’impôt sur le revenu. Deuxième bonne raison : le taux de recouvrement de l’impôt est meilleur, il atteint 99% grâce à l’impôt à la source. Il y a moins de fraude. Donc plus de recettes fiscales.

Et les mauvaises raisons ?

Il y a une mauvaise raison, c’est que le barème de l’impôt sur le revenu est revalorisé du montant de l’inflation alors que les revenus progressent plus vite. Qu’est-ce que ça veut dire ? Que mécaniquement, chaque année, l’impôt sur le revenu est un peu plus progressif. Comme les seuils augmentent moins vite que les revenus, il y a de plus en plus de contribuables qui passent d’une tranche à l’autre. A cela il faut ajouter une subtilité un peu perverse de la réforme de l’impôt à la source: comme vous le savez, on est passé directement de l’imposition des revenus 2017 à ceux de 2019.

Or le barème n’a été réévalué que de 1%, pour une année d’inflation, alors que l’assiette de l’impôt a augmenté de 6% dans le même temps. Les baisses d’impôt, les fameux 5 milliards, étant concentrées sur les deux premières tranches, les autres ont l’impression qu’on leur raconte des histoires en leur parlant de baisses d’impôts. Et ils n’ont pas tout à fait tort