Anne Hidalgo d'engage à ne pas augmenter les impôts : "Elle avait déjà fait cette promesse il y a 6 ans, et les taxes ont bondi"

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L'opinion de Nicolas Beytout est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Anne Hidalgo a annoncé geler les impôts des Parisiens pendant les six prochaines années, une promesse déjà évoquée lors de son élection. Mais dans le même temps, les taxes ont bondi et le déficit aura presque doublé d'ici la fin de son mandat.

Anne Hidalgo a fait un pas de plus, hier, vers sa candidature en mars prochain pour un nouveau mandat à la mairie de Paris.

Oui, c’est son principal adjoint et collaborateur qui a vendu la mèche et confirmé qu’Anne Hidalgo essaierait de se succéder à elle-même. Alors bien sûr, il ne l’a pas dit comme ça, non : il faut continuer à entretenir la fiction d’une maire de Paris entièrement concentrée sur son travail quotidien, et qui laisse la basse politique à ses adversaires. Lesquels, ça tombe bien pour elle, s’entre-déchirent et occupent l’actualité à sa place. Officiellement, donc, rien de nouveau, sauf qu’Anne Hidalgo s’engage désormais à geler les impôts des Parisiens pendant les 6 prochaines années. Si ça, ce n’est pas un engagement électoral, alors.

En tout cas ce serait une bonne nouvelle pour les contribuables.

En apparence, oui. Mais tout dépend de ce qu’elle entend par "pas d’impôts nouveaux". Elle avait déjà fait cette promesse il y a 6 ans, pour sa première campagne électorale. La réalité, c’est que si les impôts n’ont pas augmenté, les taxes, elles, ont bondi. Près de 25% de hausses pendant son mandat : taxe de séjour, taxes de stationnement, taxe sur les résidences secondaires et sur les transactions immobilières, sur les terrasses de cafés, droits de voirie. Un festival.

Alors évidemment, si toutes ces recettes nouvelles avaient permis de tenir serré les dettes de la ville, les Parisiens pourraient se faire une raison. Mais non, là non plus, les chiffres ne sont pas bons. Sous sa mandature, la dette aura presque doublé. Et à la fin du mandat d’Anne Hidalgo, il devrait être en réalité entre 6 et 7 milliards d’euros. Ce qui est considérable.

Sauf que la Mairie de Paris souligne que cette dette est bien notée, par exemple par la Cour des Comptes.

C’est vrai. Mais c’est uniquement parce que le patrimoine immobilier de la Ville est suffisamment riche pour servir en quelque sorte de caution. Et puis, c’est sans compter les dépenses. Le nombre des fonctionnaires de la Ville n’est pas maîtrisé, la masse salariale augmente, la tendance est mauvaise. Mais elle est dissimulée derrière un brouillard, une astuce classique qui consiste à faire assumer une partie des dépenses par d’autres. Par exemple, on contraint les organismes de HLM, on externalise la gestion des PV de stationnement. Mais à la fin, ce sont bien les dépenses publiques qui augmentent.

Tout ça confirme que les questions économiques seront au cœur de la prochaine bataille de Paris.

J’aimerais bien, oui. Je veux dire : bien sûr, on parlera aussi propreté, sécurité, police municipale, et embouteillages. Mais pour la plupart de ces sujets, des solutions de court ou moyen terme existent. En revanche, pour les finances publiques, desserrer la contrainte prendra des années. Le plus vite la capitale s’y mettra, le mieux ce sera.