Alerte rouge chez LREM : départ du numéro 2 et défaites aux législatives partielles

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque matin, Nicolas Beytout analyse l'actualité politique et nous livre son opinion. Ce mardi, il revient sur la mauvaise passe que traverse La République en marche notamment suite à l'annonce du départ de Pierre Person, le numéro deux du parti qui ne s'entendait plus avec Stanislas Guérini.

Le numéro 2 du parti La République en Marche a démissionné ce lundi avec fracas de ses attributions. Il reste membre du parti du Président, mais c’est une alerte rouge.

Oui, parce que ce n’est pas le seul signal préoccupant en ce moment. Il est vrai que cela faisait des mois que le numéro 2 (Pierre Person) ne s’entendait plus du tout avec le numéro 1 du parti (Stanislas Guérini). Mais, franchement, rivalités internes, choc des ambitions, c’est le cas à la tête de beaucoup de partis politiques. Non, il y a alerte rouge parce que la rupture se passe sur fond d’orientation politique. Pierre Person vient de la gauche, du PS, et il conteste le point d’équilibre de la politique d’Emmanuel Macron, qui est symbolisé par le poids des ministres de droite dans un gouvernement toujours dirigé par un homme de droite. Ça le chiffonne et il n’est pas le seul, loin de là.

D’autres l’ont précédé, ils ont même carrément quitté le parti.

Une grosse demi-douzaine d’entre eux est partie vers le MoDem. En Mai dernier, ce sont 17 députés qui ont fait en sorte que le parti d’Emmanuel Macron, ultra-majoritaire en 2017, se retrouve aujourd’hui sous le seuil fatidique des 289 députés, la majorité absolue.

Tout va bien pour ceux qui restent ?

Et bien non, justement. On l’a vu lors de l’élection de leur nouveau Président de groupe : Christophe Castaner l’a emporté sans gloire alors qu’il était clairement le candidat choisi par Emmanuel Macron. Ça veut bien dire qu’une petite moitié de son propre parti, une petite moitié de ceux qui lui doivent leur élection, manifeste aujourd’hui un besoin d’émancipation par rapport au chef de l’État. Ils le font en se mettant en congé de groupe ou de responsabilités. Sinon, ils le font en créant des micro-partis à l’intérieur d’un parti. L’un d’entre eux, baptisé "Territoires de Progrès", vient de se réunir ce week-end avec la participation de six ministres et secrétaires d’État, tous venus de la gauche.

Pour l’instant, ce ne sont encore que des manœuvres d’appareil mais les conséquences concrètes de ce désordre dans le parti commencent à se faire sentir.

Dimanche, nous avons voté en France. On devait élire six députés dans des législatives partielles. Tous les candidats étiquetés LREM ont été éliminés au premier tour, y compris dans la circonscription d’une députée sortante. C’est un résultat désastreux qui fait suite à la contre-performance des municipales et qui annonce vraisemblablement des élections régionales difficiles dans six mois.

Parmi les obsessions de François Mitterrand, politique parmi les politiques, il y avait la surveillance pointilleuse des élections partielles dont il tirait toujours une leçon. Cette fois, il aurait sûrement dit "Alerte rouge".