Vivarte : un million d'euros de primes versés à des hauts cadres, les syndicats indignés

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Le groupe Vivarte est en difficulté depuis plusieurs mois.
Le groupe Vivarte est en difficulté depuis plusieurs mois. © JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
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Près d'un million d'euros de primes exceptionnelles ont été versés à des cadres de Vivarte, le groupe d'habillement en grande difficulté financière. Les syndicats s'en sont vivement émus. 

Chez Vivarte, le groupe d'habillement en grande difficulté, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. Selon le Parisien, près de 1 million d'euros de primes exceptionnelles ont été versés aux cadres de la filiale Vivarte Services sur ces deux années, auxquelles s'ajoutent des primes sur objectif de plus de 2 millions d'euros en 2017 et 2018. Les syndicats, qui ont confirmé ces chiffres, ont dénoncé des primes "amorales".

Vivarte reconnait comprendre que "le montant des primes versées évoquées dans l'article du Parisien puisse surprendre" mais explique que ces primes récompensent "le talent et l'engagement dont nos cadres ont fait preuve pour mener à bien l'important plan de cessions" mis en oeuvre depuis 2017. En trois ans, le groupe a cédé la plupart de ses enseignes, dont Chevignon, André, Naf Naf, Kookaï, Pataugas.

"C'est amoral, écœurant et aberrant" 

Selon le groupe, les primes exceptionnelles représentent 700.000 euros brut pour les années 2017 et 2018 et non 1 million (et comprennent des mesures d'accompagnement de plan social chez Vivarte Services). "Ce qui est 3 fois moins que les Primes Annuelles sur Objectif (2,1 millions d'euros), sur la même période, que nous versons à l'ensemble des salariés de Vivarte Services (100 personnes en 2018) de façon contractuelle", ajoute le groupe. 

"C'est amoral, écœurant et aberrant, même si ce n'est pas illégal", a réagi auprès de l'AFP Jean-Louis Alfred, représentant CFDT. "En 3 ans de direction de Patrick Puy, le nombre de filiales est passé de 19 à 3 à fin décembre avec la cession de Cosmoparis, le groupe est aux mains des créanciers et les magasins La Halle sont en train de mourir faute de stratégie", ajoute-t-il. Lundi matin sur franceinfo, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, avait jugé le versement des primes "inacceptable, hors du temps". "On est chez les dingues", soulignait-il.