Liquidation de la société Tim : "304 salariés vont se retrouver au chômage à l'approche des fêtes de fin d'année"

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Des salariés ont porté plainte contre X pour escroquerie le 20 novembre dernier à propos de l'opération de reprise de 2017. 13: 10:00
Des salariés ont porté plainte contre X pour escroquerie le 20 novembre dernier à propos de l'opération de reprise de 2017. © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
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Aucune offre de reprise n'a été formulée pour la société de cabines d'engins de chantier Tim qui emploie plus de 300 personnes dans le Nord et dont la liquidation judiciaire a été annoncée mercredi.
RÉACTION

Le tribunal de commerce de Lille a prononcé mercredi la liquidation judiciaire sans poursuite d'activité du fabricant de cabines d'engins de chantier Tim, qui emploie 304 personnes à Quaëdypre dans le Nord, aucune offre de reprise n'ayant été formulée.

L'entreprise, qui connaissait d'importantes difficultés financières, avait été placée en redressement judiciaire fin août. Elle avait déjà échappé une première fois à la liquidation en juillet 2017, avant sa reprise par la société allemande d'engins de chantier Atlas GMBH, contrôlée par l'homme d'affaires bulgare Fil Filipov.

Offre retirée

La société Sépode, basée en Normandie, avait un temps envisagé une reprise du site et de l'activité, ainsi que de 40 salariés, mais avait finalement retiré son offre.

La reprise de Tim était notamment soumise à des conditions suspensives, environnementales ou sécuritaire. Or, d'après des responsables syndicaux, les conditions de travail étaient "archaïques".

Selon une source proche du dossier, le carnet de commandes n'a cessé "de se détériorer dans des proportions sidérantes", de sorte que "la plupart des clients" étaient "partis ou en voie de partir", à l'image du géant américain Caterpillar, principal client.

"Les salariés au bout du rouleau"

Tim ne "peut plus répondre aux demandes de paiement et les fonds supplémentaires ne sont pas disponibles", avait expliqué aux salariés Fil Filipov en août lors du redressement judiciaire. "Les salariés sont au bout du rouleau. Monsieur Filipov a tout fait pour qu'il n'y ait pas de repreneur", a déclaré Olivier Crespin, délégué CGT.

"On a un homme d'affaires bulgare multimillionnaire, qui fait partie d'un groupe multimillionnaire, qui veut se débarrasser de 300 personnes en faisant payer les indemnités par les AGS (système de garantie des salaires)", s'est-il insurgé, affirmant que l'entreprise n'avait "rien remboursé du prêt de 3,5 millions de la région" Hauts-de-France. "Il y en a qui sont en colère contre Filipov. Ils sont prêts à aller plus loin", a-t-il ajouté au micro d'Europe 1. "304 salariés qui vont se retrouver au chômage à l'approche des fêtes de fin d'année, on ne souhaite ça à personne." 

Plainte déposée contre X

Dix salariés, représentants CGT et FO, ont déposé une plainte contre X le 20 novembre pour escroquerie visant l'opération de reprise menée en 2017. 

En 2017, le tribunal de commerce "avait dit que c'était la société Atlas qui allait reprendre, mais en réalité monsieur Filipov voulait être personnellement l'acquéreur des parts", avait résumé à l'AFP l'avocat des salariés, Me David Brouwer, le 22 novembre. "On a découvert dans le cadre d'une expertise comptable que la société Atlas lui a rétrocédé les parts pour un euro symbolique, contre l'avis du tribunal de commerce", avait ajouté l'avocat en annonçant cette plainte.