"Le gouvernement a peur" : pourquoi l'exécutif temporise sur le travail de nuit dans le commerce alimentaire

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Le gouvernement a annoncé mardi l'ouverture d'une concertation de six mois sur le travail de nuit dans le commerce alimentaire, qu'il envisageait initialement de modifier dans un projet de loi. 
ON DÉCRYPTE

La décision de l'exécutif a surpris les acteurs du dossier. Mardi, le gouvernement a décidé d'ouvrir une concertation de six mois sur le travail de nuit dans le commerce alimentaire, qu'il envisageait initialement de modifier dans un projet de loi portant "diverses mesures d'ordre social". Le texte devait être présenté mercredi en Conseil des ministres.

Par ce texte, le gouvernement voulait autoriser le travail jusqu'à minuit dans les magasins alimentaires moyennant des contreparties pour les salariés. Avec un double argument : les habitudes de consommation évoluent et beaucoup de supérettes ouvrent déjà jusqu'à 22 heures dans les grandes villes, de manière illégale. Selon le gouvernement, autant, alors, encadrer ces pratiques en leur imposant en échange des heures payées double pour leurs salariés, un repos compensateur et le recours au strict volontariat.

L'entourage de Muriel Pénicaud assure que la réforme verra bien le jour

Officiellement, le ministère du Travail ne perd pas de vue le projet, mais souhaite se donner plus de temps, avec ces six mois de concertation supplémentaires annoncés mardi. Mais pour Amar Lagha, chef de file de la CGT Commerce, cette décision est un recul qui n'est pas étranger au contexte social chargé de cette fin d'année, avec notamment une grande journée de mobilisation contre la réforme des retraites le 5 décembre. 

"Je pense que le gouvernement a peur, parce qu'il y a une date dans notre pays qui est le 5 décembre", explique-t-il au micro d'Europe 1. "Le Premier ministre a dû se dire 'stop, on arrête les dégâts, on a allumé plusieurs feux, on va se calmer et on verra plus tard".

Mais si la décision est repoussée, la réforme verra bien le jour, assure l'entourage de Muriel Pénicaud. Et la réforme, promet-on, "ne sera pas moins-disante sur le plan social".

Europe 1
Par Olivier Samain, édité par Antoine Terrel