La mobilité bancaire, ce n’est pas encore ça

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Instauré il y a trois ans, le mandat de mobilité bancaire, censé faciliter les démarches des clients soucieux de changer de banque, n’a pas eu les effets escomptés. Selon l’UFC-Que choisir, le changement d’établissement reste encore trop ardu. L’association préconise la portabilité, à l’image de ce qui se fait pour les numéros de téléphone.

La mobilité bancaire, instaurée il y a trois ans, n’a pas permis d’instaurer une concurrence suffisante entre les banques pour faire baisser les frais bancaires, ce qui était l’objectif affiché. Tel est le constat dressé jeudi par l’UFC-Que Choisir, près de trois ans après la mise en place du mandat de mobilité bancaire. D’ailleurs, quand vous posez la question aux Français, 17% disent qu'ils aimeraient changer de banque, mais seuls 2,5 % sont passés à l'acte en 2019. Tout simplement parce que c'est trop compliqué.

C'était pourtant l'objectif de cette mobilité bancaire : simplifier les démarches, pour que les Français changent plus facilement de banques, fassent donc davantage jouer la concurrence et forcent les établissements à baisser leurs frais bancaires, qui ont augmenté de 25% en 10 ans.

C'est encore trop compliqué

L’idée de la mobilité bancaire, c’est que la nouvelle banque et l’ancienne se mettent en relation pour prendre en main les démarches trop compliquées. Car pour changer d’établissement, il fallait donner ses nouvelles coordonnées à son employeur, mais aussi pour payer l'électricité, le téléphone portable, éventuellement l'abonnement à Netflix, Canal+, Vélib’ ou votre magazine préféré. Bref, rien que de penser à la liste, vous vous dites que finalement votre banque n’est pas si mal.

Donc ça, normalement, depuis trois ans, c'est à votre nouvelle banque de s'en occuper, l'ancienne lui envoie la liste de tous les virements et prélèvements qui ont lieu de manière régulière sur votre compte et elle s'occupe de transmettre vos nouvelles coordonnées à tout le monde. Ça, c'est sur le papier, mais dans la réalité, ça bug complètement et donc ça ne marche pas.

Et il ne s’agit pas (que) de mauvaise volonté. Parfois, c'est juste que vous avez un tiret en trop sur le nom de titulaire, ou un mauvais chiffre dans le compte, et c'est le grain de sable qui détruit toute la machine. En bref, c’est encore trop compliqué.

La solution : la portabilité

Alors l’UFC-Que Choisir propose une solution : copier ce qui s'est fait pour le téléphone portable : la portabilité. Aujourd'hui, si vous passez de Bouygues à Free, ou d'Orange a SFR, vous pouvez garder votre numéro de téléphone.  Le jour où ça a été possible, ça a tout changé dans le comportement des consommateurs. Ce que souhaite l'UFC-Que choisir, c'est faire la même chose avec nos comptes bancaires. Vous changez de banque mais pas de numéro de compte. Comme ça, pas de changement pour tous vos abonnements. Ça se fait déjà en Suède, l'Union européenne étudie aussi la question.

Donc aujourd'hui les banques peuvent profiter de notre immobilisme, mais ça pourrait ne pas durer.

Europe 1
Par Carole Ferry