La Cour des comptes (très) inquiète des finances publiques

, modifié à
  • A
  • A
Le gouvernement s'attend cette année à une récession historique de -11%, avec un gonflement de la dette publique à près de 121% du produit intérieur brut (PIB).
Le gouvernement s'attend cette année à une récession historique de -11%, avec un gonflement de la dette publique à près de 121% du produit intérieur brut (PIB). © ludovic MARIN / AFP
Partagez sur :
Dans son rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques, la Cour des comptes estime que le gouvernement doit se

Il y a urgence à réagir. Pour la Cour des comptes, le gouvernement ne doit pas attendre pour programmer "dans la durée" l'effort de désendettement des finances publiques, alors que la dette publique va s'envoler cette année sous l'effet de la crise. Tandis que le gouvernement compte sur le rebond de la croissance dès l'an prochain pour réduire la dette - et exclut par exemple toute hausse d'impôts -, la Cour juge indispensable un "effort de redressement", notamment sur les dépenses publiques, dans son rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques.

"Le rééquilibrage spontané des comptes publics, ne sera, selon toute vraisemblance, que très partiel : sans action de redressement, le déficit risque d'être durablement très élevé (...). La trajectoire de la dette ne serait alors pas maîtrisée", préviennent ainsi les sages de la rue Cambon. Le gouvernement s'attend cette année à une récession historique de -11%, avec un gonflement de la dette publique à près de 121% du produit intérieur brut (PIB), avant un rebond de l'économie l'an prochain. Mais pour la Cour, "il ne faut pas tout attendre" de la croissance, car même le scénario le plus optimiste d'une reprise rapide ne permettra pas à la France de retrouver son niveau d'endettement d'avant crise d'ici à 2030. Et celui-ci, avoisinant les 100% du PIB était déjà jugé préoccupant avant la crise par la Cour, qui enfonce le clou dans ce rapport. 

L'effort "ne doit pas être trop brutal pour ne pas casser la reprise" mais...

"La France n'a pas abordé cette crise avec des finances publiques restaurées", note-t-elle pointant une "fatigue budgétaire" récurrente des différents gouvernements qui ont peu réduit la dépense publique et le déficit. Mais la Cour ne défend pas un serrage de vis immédiat : l'effort "ne doit pas être trop brutal pour ne pas casser la reprise mais il doit être poursuivi avec constance pour obtenir des résultats tangibles", estime-t-elle. Elle appelle ainsi le gouvernement à définir une trajectoire de désendettement dans la future loi de programmation des finances publiques "au plus tard" au printemps prochain. Cela permettrait aussi à la France de montrer à Bruxelles sa bonne volonté, dans la perspective d'une levée de la mise en suspens des règles budgétaires européennes.

Cette trajectoire devra notamment prévoir un "examen en profondeur" des dépenses publiques, pour privilégier les dépenses d'investissement, notamment dans la transition écologique et la santé, en parallèle d'un "effort accru de maîtrise des autres dépenses", juge la Cour. Par ailleurs, "si de nouvelles baisses de prélèvements devaient être envisagées (...) elles devraient s'accompagner de hausses d'autres prélèvements ou de suppressions de niches ou trouver leur contrepartie dans un effort encore accru de maîtrise de la dépense", prévient-elle.