La CGT dénonce l'emploi frauduleux à grande échelle de travailleurs agricoles détachés

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La CGT dénonce les fraudes liées à une "utilisation massive d'ouvriers détachés" dans les campagnes françaises. © GUILLAUME SOUVANT / AFP
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Le syndicat tire la sonnette d'alarme sur les conditions de travail "dignes de l'esclavage" de travailleurs venus d'Afrique du Nord ou d'Amérique latine, et employés dans des exploitations agricoles du sud-est de la France.

La CGT a dénoncé lundi l'emploi à grande échelle de travailleurs détachés dans les exploitations agricoles du sud-est de la France, dans des conditions "d'esclavage moderne". En région Provence-Alpes-Côte d'Azur, le syndicat a constaté "l'utilisation massive d'ouvriers détachés dans nos campagnes", a déclaré son représentant Stephan Dainotti lors d'une conférence de presse à Marseille.

Une liste de fraudeurs. L'inspection du travail affirme faire de la lutte contre ces fraudes une priorité mais n'a pas les moyens nécessaires, assure la CGT, pour laquelle la réponse judiciaire est également insatisfaisante. Par son inaction, le gouvernement "encourage" cette forme de "dumping social", dénonce le syndicat, qui dit avoir listé les exploitants qui auraient recours à ces fraudes et sur lesquels elle entend mettre la pression.

11 heures de travail, sept jours sur sept. Venus généralement du Maroc, et d'Amérique latine, d'Équateur notamment, ces travailleurs sont employés dans les champs par des agences d'intérim espagnoles, en fraudant massivement les lois sur le travail détaché, qui imposent de respecter le droit du travail français, a constaté le syndicat. "Nous parlons de personnes humaines en captivité, qui travaillent dans des conditions dignes de l'esclavage", a-t-il poursuivi. Beaucoup travaillent 11 heures par jour, parfois tous les jours, dans des conditions difficiles et sont renvoyés immédiatement en cas d'accident ou de maladie.

Des ouvriers coupés des autres travailleurs. À Châteaurenard, dans les Bouches du Rhône, la CGT à notamment rapporté la situation de travailleurs logés à 6 ou 8 dans un mobil-home moyennant 230 euros de loyer chacun. Ces travailleurs sont transportés d'exploitation en exploitation en minibus et privés de liens avec les autres salariés "pour qu'ils n'aient pas conscience qu'ils sont sur-exploités", a ajouté Stephan Dainotti. Certaines exploitations se sont séparées de tous leurs ouvriers agricoles et ne travaillent plus qu'avec un cadre qui commande des travailleurs détachés, assure le CGT. De grandes exploitations maraîchères sans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse et horticoles dans le Var sont notamment concernées.

En 2014, la justice s'était saisie de la question et une enquête avait été ouverte au parquet de Marseille sur des suspicions de "fraude aux prestations de service internationales" à l'encontre de l'une des principales sociétés d'intérim espagnoles qui envoyait à l'époque des travailleurs détachés dans les campagnes françaises, Terra Fecundis.