Corse : Jean-Guy Talamoni propose de taxer les résidences secondaires, sauf pour les Corses

  • A
  • A
Jean-Guy Talamoni veut lutter contre la flambée des prix de l'immobilier.
Jean-Guy Talamoni veut lutter contre la flambée des prix de l'immobilier. © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
Partagez sur :
"L'idée serait de taxer lourdement les résidences secondaires tout en exonérant les résidences patrimoniales", a expliqué jeudi le président de l'Assemblée de Corse.

Pour lutter contre la flambée des prix de l'immobilier, le président de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, a proposé jeudi de "taxer lourdement les résidences secondaires", sauf celles appartenant à des Corses, une alternative à l'idée de réserver l'accès à la propriété aux résidents corses.

"L'idée serait de taxer lourdement les résidences secondaires tout en exonérant les résidences patrimoniales, c'est-à-dire celles qui appartiennent aux Corses, en particulier dans leurs villages", a précisé l'élu indépendantiste, lors d'une conférence de presse organisée suite à la polémique provoquée par sa proposition fin août d'exproprier les acheteurs qui ne résidaient pas dans l'île de Beauté lors de leur acquisition.

Il appelle les élus corses à prendre "une position commune"

"Les résidents permanents effectifs (5 ans de résidence continue) ainsi que les Corses de la diaspora seraient exonérés de la taxe. Cette notion de résidence à vocation fiscale existe déjà en droit français. L'exemple de Saint-Barthélémy (dans les Caraïbes françaises) est particulièrement significatif à cet égard", a développé Jean-Guy Talamoni.

Appelant les élus corses à prendre "une position commune vis-à-vis de Paris sur ce sujet" de la flambée des prix de l'immobilier en Corse, Jean-Guy Talamoni a répété qu'on pouvait "imaginer le statut de résident, mais aussi tout autre chose".

Et dénonce la spéculation foncière sur l'île

C'est sur la base de ce statut de résident, adopté par une délibération de l'Assemblée de Corse en 2014, avant même l'élection de la majorité nationaliste à la tête de l'Assemblée de Corse fin 2015, que le membre du mouvement indépendantiste Corsica Libera avait proposé d'exproprier les acheteurs non Corses, le 30 août. Selon cette délibération, inapplicable dans le cadre juridique français actuel, les achats immobilier sur l'île seraient réservés aux acheteurs pouvant justifier de "cinq ans de résidence à titre permanent", avec une dérogation pour "les Corses vivant à l'extérieur de l'île".

L'élu indépendantiste a également dénoncé la spéculation foncière qui serait à l'oeuvre dans l'île, en citant un rapport de l'agence de l'urbanisme et de l'énergie selon lequel en 2017 il a été construit 1,18 m2 par habitant en Corse contre seulement 0,46 m2 en Ile-de-France, 0,64 m2 en région Paca ou 0,50 m2 en Martinique.