"Cars Macron" : "Il n'y aura pas d'augmentation de prix", promet le directeur général France de Flixbus

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Bus Flixbus (1280x640) Frederick M. Brown / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP 1:46
Flixbus est présent en France, en Europe, mais aussi aux États-Unis (ici Los Angeles). © Frederick M. Brown / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Flixbus s'apprête à racheter Eurolines et Isilines pour concurrencer OuiBus, qui va bientôt s'appeler BlaBlaCar. Le directeur général France de l'entreprise allemande était l'invité éco d'Emmanuel Duteil, jeudi.
INTERVIEW

Le marché des "bus Macron" se resserre. Après Ouibus, filiale de la SNCF rachetée par BlaBlaCar et qui va désormais s'appeler BlaBlaBus, Flixbus est entré en négociations exclusives avec Transdev pour racheter Eurolines et Isilines. De cinq acteurs, lorsque l'ancien ministre de l'Économie Emmanuel Macron avait ouvert ce marché en 2015, il n'en restera que deux courant 2018. "Quand les marchés s'ouvrent ou se libéralisent, il y a souvent beaucoup d'appétit au départ, beaucoup d'acteurs, et ensuite, ça se rationalise", a reconnu Yvan Lefranc-Morin, directeur général France de Flixbus, qui était l'invité de l'interview éco d'Emmanuel Duteil sur Europe 1, jeudi. "On va se retrouver à deux acteurs, ce qui semble être le bon nombre pour qu'on puisse enfin tirer les bénéfices de nos investissements sur ce marché."

>> Écoutez l’interview intégrale d’Yvan Lefranc-Morin dans le journal de la nuit d’Isabelle Millet. Le replay de l’émission est à retrouver ici.

"Cette politique de prix bas, c'est notre ADN". Qui dit moins d'acteurs, dit généralement risque de hausse des tarifs. "Il n'y aura pas d'augmentation de prix", assure pourtant Yvan Lefranc-Morin. "On pense que la rentabilité va être atteinte grâce au taux de remplissage. On est aujourd'hui grosso modo à 65% en moyenne, et on pense qu'à 70%, on sera rentable."

"On va maintenir cette politique de prix bas, c'est notre ADN", poursuit le dirigeant. "Et c'est vraiment la façon dont on voit l'avenir de notre société en France et en Europe parce qu'on est sur un marché de la mobilité qui est beaucoup plus large que le marché de l'autocar. En face de nous, on a du covoiturage, on a du train low cost, et même si on avait la volonté d'augmenter les prix, ce serait vraisemblablement se tirer une balle de pied."

On considère généralement que le car doit proposer un prix trois fois inférieur au train pour être attractif. Selon Yvan Lefranc-Morin, cette règle n'en est pas une. "Il y a énormément de gens qui sont très sensibles, même à une différence de prix relativement minime", relève le DG France de Flixbus. "Il y a des gens qui vont être prêts à faire dix heures de bus par rapport à trois heures de train, pour économiser 10 à 15 euros. La sensibilité au prix est très, très forte. Nous, notre credo, c'est de rester le mode de transport le moins cher, et on est toujours 25, 30% moins cher que le covoiturage et on entend bien le rester."

Flixbus reste également attentif aux évolutions du marché de la mobilité en France, alors que le réseau ferroviaire va être bientôt libéralisé. "On est sceptique sur la complémentarité car-covoiturage, et c'est pour ça qu'on n'en a jamais lancé, mais on est opérateur de trains en Allemagne, et ça marche très bien, et on regarde ce qui se fait en France sur ce marché", insiste  Yvan Lefranc-Morin. En attendant, Flixbus devrait sceller son rachat d'Eurolines et d'Isilines d'ici l'été.