La Grèce "a de l’argent pour deux semaines"

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INTERVIEW E1 - Kostas Botopoulos, président de l'autorité grecque des marchés financiers, a fait le point sur le dossier grec, mercredi matin sur Europe 1.

Le temps presse pour la Grèce : le gouvernement a jusqu'au 20 avril pour présenter aux autres membres de la zone euro  la liste des réformes qu'il entend mener, un dossier sur lequel Grecs et Européens ont déjà étalé leurs désaccords à trois reprises. Mais où en est le pays à moins d'une semaine de cette échéance décisive ? Kostas Botopoulos, président de l'autorité grecque des marchés financiers, était l'invité d'Europe 1 mercredi matin. Et il n'a pas caché la situation difficile du pays.

Des caisses vides dans "deux semaines". "Le gouvernement lui-même a admis qu’il y a de l’argent dans les caisses pour deux semaines, jusque début mai. Après, il y aura des problèmes pour honorer nos obligations intérieures et extérieures", a reconnu le président de l'autorité grecque des marchés financiers. La Grèce attend en effet le versement de la dernière tranche du programme européen d'aide, en l’occurrence 7,2 milliards d'euros. Mais Athènes n'ayant pas mené les réformes promises, les pays de la zone euro attendent que le gouvernement grec précise sa feuille de route pour débloquer cet argent.

Un bras-de-fer qui dure maintenant depuis trois mois et qui, si aucune solution n'est trouvée, pourrait avoir des conséquences "politiques envers l’Europe et le FMI" et "sociales pour les Grecs", a prévenu Kostas Botopoulos. Une nouvelle crise est donc possible,"par accident, pas par choix parce que tout le monde veut un accord. Mais par accident, par perte de temps, c’est peut-être possible".

"Je ne veux pas y croire mais je ne peux pas non plus exclure la possibilité d’un accident, vu le temps perdu et les difficultés à trouver un accord" :

Grèce : une nouvelle crise est possible "par...par Europe1fr

De nouvelles réformes en perspectives. Pour trouver un accord, la Grèce va donc devoir convaincre l'Union européenne du sérieux de ses efforts et de ses réformes. "Les efforts, ce sont les propositions qu’a fait le gouvernement récemment mais qui n’ont pas été considérées (par les membres de la zone euro) comme concluantes. Donc il faut encore améliorer et faire un effort pour des réformes", a reconnu le président de l'autorité grecque des marchés financiers. Avant d'évoquer les échéances qui attendent le gouvernement Tsipras : "de grosses réformes sur les pensions, sur  l’assurance-vie, sur l’administration publique, sur la lutte contre la fraude fiscale : ce sont de grosses réformes qu’il faut faire. Quelques unes ont déjà commencé".

Que devient l'argent prêté à la Grèce ? Paradoxalement, "ces milliards sont d’abord utilisés pour sauver les banques parce qu’il y a une grosse fuite de capitaux. Les très riches vont surtout à l’étranger et les classes moyennes, face aux incertitudes, stockent de l’argent à la maison", a assuré Kostas Botopoulos.

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