Air Liquide obligé de licencier un Libanais

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Le groupe de gaz industriel Air Liquide a été contraint début octobre de licencier un ingénieur libanais récemment embauché, après le refus des services de l'Etat de lui accorder une autorisation de travail, une décision qui a suscité l'ire des syndicats. Diplômé de l'Université de Compiègne, Amro, ingénieur libanais de 25 ans, a été embauché le 1er juin en CDI par le site d'Air Liquide Advanced Technologies à Sassenage (Isère). Ne disposant que d'une carte de séjour temporaire expirant le 4 octobre, il a fait une demande d'autorisation de travail dès le mois de mai auprès de la Dirrecte (Direction régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail) de Rhône-Alpes.

Air Liquide a reçu une réponse négative le 3 octobre et a dû licencier son salarié le 4 au soir pour ne pas se retrouver dans l'illégalité. "J'ai pris cette décision de refus sur une motivation liée à la situation de l'emploi", a expliqué Philippe Nicolas, directeur de l'unité territoriale Isère à la Dirrecte. Il a notamment souligné qu'il existait dans la région 396 demandeurs d'un emploi d'ingénieur projet pour seulement 90 offres, ce qui devrait permettre à Air Liquide d'embaucher un ingénieur français. Sa décision a suscité l'émoi des syndicats qui ont rédigé une pétition signée par 183 salariés du site.

De son côté, la direction d'Air Liquide fait valoir "les compétences de ce jeune ingénieur et la satisfaction qu'il nous a apporté depuis le mois de juin". "Le critère de nationalité n'est pas un critère de recrutement chez nous", précise Marie-Pierre Merel, directrice des ressources humaines. Suite à un recours gracieux du groupe, un rendez-vous a été pris avec la Dirrecte pour mercredi.