Les Herbiers-PSG : comment se préparer à affronter plus fort que soi ?

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Les joueurs des Herbiers se sont entraînés lundi sur la pelouse du stade de France, sur laquelle ils affronteront le PSG mardi soir en finale de la coupe de France.
Les joueurs des Herbiers se sont entraînés lundi sur la pelouse du stade de France, sur laquelle ils affronteront le PSG mardi soir en finale de la coupe de France. © FRANCK FIFE / AFP / Europe 1
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Mardi soir, le petit poucet Les Herbiers affrontera l’ogre PSG en finale de la coupe de France. Une rencontre inspirante pour chacun d'entre nous.

Ils ne partent, clairement, pas favoris. Le petit club de National de la ville des Herbiers, 16.000 habitants, affronte mardi soir le PSG et ses stars, en finale de la coupe de France de football. Le petit poucet vendéen contre l’ogre de la capitale. David contre Goliath. La souris contre le bœuf. Mais comment faire face à un adversaire d’un tel niveau ? Comment préparer une telle rencontre lorsque tout nous donne perdant ? Comment ne pas s’avouer vaincu ?

Ce que vivent les Herbiers depuis leur victoire en demi-finale le 17 avril dernier, chacun d'entre-nous peut en faire l'expérience. La question dépasse, largement, le cadre du sport. Avant un entretien d’embauche ou un concours, dans le cadre d’une candidature pour une promotion interne ou face à n’importe quelle situation de mise en concurrence ou de conflits, la tentation est souvent grande de vouloir jeter les bras face aux qualités des "autres". Nous avons, tous, déjà dû composer avec quelqu’un que l’on estime plus fort, plus compétent, plus entraîné, mieux formé que nous. Comment garder la tête froide et avancer ? Voici quelques conseils.

Faire la liste de ses atouts. La première étape, c’est d’acquérir de la confiance en soi. Or, la clé de la confiance en soi passe d’abord par un petit examen de soi-même. Demandez-vous ce qui vous différencie VOUS, quels sont vos "atouts différenciants", pour reprendre l’expression de Bérangère Touchemann, rédactrice du site coachingdecarriere.com.

"Je pense que chacun a ses atouts, qui seront plus ou moins efficaces en fonction des domaines, des missions, des segments de clientèle etc. Par rapport à un collègue qui vise la même promotion que vous par exemple, vous allez peut-être être plus mauvais dans un domaine mais bien meilleur dans un autre. Vous avez un diplôme inférieur ? Vous avez peut-être plus d’expérience. Vous n’êtes pas très à l’aise à l’oral ? Vous êtes peut-être le champion de l’organisation", insiste cette coache professionnelle toulousaine.

Prenez donc du temps pour examiner ce que vous savez faire de mieux et les réussites que vous avez eues par le passé. Notez-les, exploitez-les, travaillez-les et, bien-sûr, n’hésitez pas à les  mettre en avant. Un tel examen de conscience peut servir autant pour le travail que le sport, l’école ou la vie de tous les jours.

" Il est important de se servir de ce qui va bien en nous. J’incite à pointer là où on est bon "

"Ce qui est important à prendre en compte, c’est la temporalité. Longtemps avant une épreuve, un match, un concours, il est encore temps de travailler à améliorer ses points faibles. Mais si l’on se rapproche de la date fatidique ou si une épreuve arrive subitement, il est important de se servir de ce qui va bien en nous. J’incite à pointer là où on est bon", ajoute Charles Martin-Krumm, président de l’Association française de psychologie positive (AFfPP) et maître de conférences en Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), contacté par Europe 1. Et de citer un exemple : "Un élève brillant en français mais nul en maths peut s’entraîner aux mathématiques s’il s’y prend tôt. Mais que faire à quelques jours du bac ? Pour éviter de céder à la panique face aux camarades qui, eux, ont une calculette dans la tête ? Il peut se dire que, s’il est bon dans l’analyse de texte, la compréhension des idées, ces qualités lui serviront pour comprendre un énoncé de math".

Relâcher la pression en la mettant sur le dos de l'adversaire... Mais même si elle est un atout de poids, la confiance en soi ne permet pas de déplacer toutes les montagnes. Il y a des adversaires imbattables, des candidats plus compétents que d’autres, des épreuves insurmontables.

"L’important est alors de ne pas trop se focaliser sur la difficulté ou sur l’adversaire. Il s’agit de se dire qu’il y a des choses qui ne dépendent pas de notre contrôle (et la compétence de l’adversaire en fait partie) pour mieux se concentrer sur ce qui en dépend. C’est la première étape pour faire tomber l’anxiété", assure Charles Martin-Krumm. Ainsi, reconnaître que l'autre est bien plus fort que nous permet d'aborder la rencontre sans pression. En clair, il est parfois utile de s'avouer vaincu d'avance, ou en tout cas de prendre conscience de la très forte possibilité de l'échec. Le challenger qui s'assume et qui ne met pas trop d'enjeux derrière une confrontation est toujours moins stressé que le favoris.

"Si on regarde objectivement, Les Herbiers doivent perdre. Mais qui a la pression ? Probablement pas eux. Pour eux, c'est déjà une victoire d'être arrivé jusque-là. C’est le PSG qui a la pression. Si Paris perd, c’est une catastrophe", note Charles Martin-Krumm. "Il est important de se dire que l’on ne peut pas être bon en tout, ni victorieux tout le temps. Parfois, il y a des échecs. Parfois, ça ne va pas bien. Il ne faut pas se forcer à tout vouloir transformer en victoire. Le seul moyen sûr de ne jamais échouer à un examen, c’est de ne jamais le passer. Si on y va, il faut prendre le risque de rater", poursuit le chercheur. 

... Et en voyant ses objectifs à la baisse. "Si l’objectif général est trop élevé, essayez de vous concentrer sur des objectifs moins ambitieux qui vous donneront tout de même confiance", ajoute pour sa part Catherine Aliotta, fondatrice de l’Institut de formation à la sophrologie (voir encadré). Et d’ajouter : "Pour reprendre l’exemple du foot, si vous savez qu’un match est quasi-perdu d’avance, essayez de vous fixer l’objectif de marquer au moins un but, de ne pas en prendre 15… Cela aide à relativiser à se détourner un peu de l’enjeu".

" L’important est de continuer à se fixer des objectifs, de se demander dès le début ‘ce sera quoi la vie après’  "

Se concentrer sur ses progrès. Face à une montagne trop difficile à gravir ou lorsque l’on se sent vraiment rabaissé face à meilleur que nous, pourquoi ne pas non plus regarder sa progression, observer les efforts accomplis, le chemin parcouru, plutôt que de se comparer de manière abrupte ? "Dans certains cas, il vaut mieux ne pas se concentrer sur sa  ‘valeur absolu’ mais sur les progrès que l’on fait. Dans un entretien annuel, d’ailleurs, on va examiner comment vous vous êtes rapproché de vos objectifs et ce que vous avez corrigé par rapport à l’année d’avant, pas si vous êtes meilleur ou moins bon que votre collègue", confirme Bérangère Touchemann. Les joueurs des Herbiers, d'ailleurs, retiennent probablement davantage le parcours qui les a menés en finale plutôt que leurs chances face à leurs adversaires du soir. 

Dès le début, envisager "l’après". Et si l’échec ou la défaite surviennent, soyez indulgent avec vous-même. "Gardez fermement en tête que vous pouvez toujours rebondir. Ce n’est pas parce qu’une tâche n’a pas été menée à bien, qu’une mission n’a pas été remplie, que votre personne est entièrement responsable", rassure la coache professionnelle.

"L’important est de continuer à se fixer des objectifs à atteindre, de se demander dès le début ‘ce sera quoi la vie après’ (un match, un concours, un entretien, une mission…). Cela vaut autant après un échec qu’une victoire", ajoute Charles Martin-Krumm. Et de conclure : "Même après un succès retentissant, il faut se poser ces questions. La pression retombe, l’objectif sur lequel on s’est concentré avec toutes ces forces disparait, il y a une sorte de mort symbolique".

Quelques petits exercices de sophrologie pour vous aider

Si malgré tout, vous ne parvenez pas à gagner en confiance ni à faire retomber la pression, vous pouvez mettre en œuvre quelques petits exercices simples qui vous aideront à être prêt le jour où vous ferez face à l’adversité. La sophrologue Catherine Aliotta nous en résume quelques-uns :

- "En amont, entraînez-vous à reconnaître les émotions qui montent en vous lors d’une situation de stress. Cela vous aidera à mieux les identifier le jour J. Et le Jour J, quand vous les sentez monter, identifiez-les, acceptez-les, et laissez-les passer. Une émotion ne reste pas d’elle-même si on ne la retient pas.

-  Pour vous aider à vous relaxer le jour J, tenez-vous debout, inspirez en gonflant votre ventre, bloquez votre respiration, contractez tous vos muscles, puis expirez d’un seul coup et relâchez vos muscles. Faites cela trois fois de suite.

- En amont et/ou le jour J, un autre exercice peut vous aider à gagner en confiance. Tendez le bras gauche horizontalement devant vous, inspirez, ramenez le poing droit au niveau de l’épaule droite, le coude en arrière, comme si vous armiez un coup de poing ou bandiez un arc, bloquez votre respiration, puis avancez d’un seul coup votre point droit dans la direction de votre bras gauche. Imaginez face à votre poing gauche une cible, et imaginez que vous atteignez cette cible avec votre poing droit. Faites-ça plusieurs fois, en changeant de côté. Cela peut vous aider à travailler la détermination, la motivation, la combativité".