Bac : comment gérer l’attente des résultats ?

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Après le stress de l'attente viendra le soulagement, ou la déception. © THOMAS SAMSON / AFP / Europe 1
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Les épreuves terminées, les lycéens doivent attendre jusqu'au 6 juillet avant d'avoir leurs résultats. Nos conseils pour ne pas succomber à l’anxiété.

Les épreuves du baccalauréat sont arrivées à leur terme. Mais la période de stress pour les 700.000 bacheliers n’est pas terminée pour autant. Comment ne pas succomber à l’anxiété en attendant les résultats, prévus le 6 juillet prochain ? Nous vous proposons quelques conseils.

Dites-vous que quoi qu’il arrive, le résultat ne reflète pas ce que vous êtes

En 2014, des chercheurs américains en psychologie publiaient une étude a priori peu encourageante dans le Journal of Personality and Social Psychology. Selon eux, le stress de l’attente des résultats est quasi-inéluctable après un examen. Et il est inutile d’essayer de penser à autre chose : c’est tout bonnement impossible, et aucun étudiant ou lycéen n’y arrive. En revanche, il est possible de "voir les choses sous un meilleur jour" et d’être "plus à l’aise avec l’incertitude", nous dit Kate Sweeny, auteure de l’étude. Sa recette ? Dissocier, d’avance, les résultats à venir de ce que vous êtes. "Si vous vous convainquez que l'examen n'est pas important, que c'est juste une épreuve que vous devez passer et qui ne rejaillit pas sur vous ni sur vos capacités, cela vous permettra de ne pas accabler votre ego", explique dans le Time la chercheuse.

Ce n’est pas parce que vos efforts n’ont pas été menés à bien cette fois-ci que votre personne est entièrement responsable. De nombreux éléments peuvent en effet entrer en ligne de compte : le stress, un manque de calme autour de vous, une prise de conscience trop tardive de l’importance de l’enjeu etc. En clair, un échec ne signifie pas que vous êtes nul, et donc que vous ne pouvez pas rebondir. Si vous avez raté l’écrit, vous pouvez encore réussir l’oral. Si vous n’êtes même pas au rattrapage cette année, vous aurez peut-être une mention l’an prochain. Garder cela en tête permet d’être "plus à l’aise avec l’incertitude" pendant vos moments d’attente.

Concentrez-vous sur l’après

Pour la Gestalt-thérapie, un courant de la psychologie qui s’intéresse au lien entre les personnes et leur environnement, une grande impatience reflète souvent une volonté de vouloir tout maîtriser, tout contrôler. Or, dans cette période d’attente post-examen, vous n’avez plus d’influence sur le cours des choses. Vos épreuves ont déjà été passées, et votre destin est entre les mains des correcteurs. Une telle prise de conscience incite, en elle-même, au "lâcher-prise". "Si la situation ne peut pas être changée, alors cela ne vaut vraiment pas le coup d’y consacrer la moindre énergie", lit-on dans l’ouvrage J’arrête de râler au boulot, de Christine Lewicki et Emmanuelle Nave. Une exhortation qui vaut dans la vie professionnelle comme scolaire. Et même au-delà. "Il n’y a qu’une route vers le bonheur, c’est de renoncer aux choses qui ne dépendent pas de notre volonté", écrivait, il y a 2000 ans, le philosophe Epictète.

" L’important est de continuer à se fixer des objectifs à atteindre, de se demander dès le début ‘ce sera quoi la vie après’ "

Un bon moyen pour éviter de "ressasser" ce passé sur lequel nous n’avons plus d’influence consiste à… se projeter vers l’avenir. Une période d’attente peut ainsi être l’occasion de se poser la question : que fera-t-on une fois le résultat enfin connu, qu’il soit positif ou négatif ? "L’important est de continuer à se fixer des objectifs à atteindre, de se demander dès le début ‘ce sera quoi la vie après’ le résultat", assure Charles Martin-Krumm, président de l’Association française de psychologie positive. Dès maintenant, commencez à préparer l’année prochaine : les fournitures que vous allez acheter, les livres ou les annales que vous lirez, ce que vous changerez dans votre attitude pour vous améliorer si vous n’avez pas le bac cette année etc.

Peu importe le résultat, vous sortirez grandi de cette épreuve

Enfin, dites-vous dès maintenant que peu importe le résultat, vous n’avez pas fait tout ça pour rien. Vous avez appris beaucoup de choses qui vous serviront tôt ou tard, pendant vos études supérieures ou lors d’une éventuelle année de redoublement. Aussi, dites-vous qu’une préparation à un examen tel que le baccalauréat n’a pas son pareil pour vous préparer à la vie à venir. Et que le stress que vous ressentez maintenant n’est pas une si mauvaise chose que ça.

"En se préparant au bac, les adolescents se confrontent à un certain stress, celui de l’examen et celui d’être confronter à une échéance. Cela peut avoir une valeur initiatique dans notre société de compétition. Cela peut former à préparer des épreuves futures, des concours, des entretiens d’embauche, au fait de parler en public. À condition que cette préparation du bac entraîne du ‘bon’ stress, celui qui nous fait hésiter et nous pousse à réfléchir sans nous précipiter, dans nos moments d’inquiétude", indique Daniel Marcelli, pédopsychiatre et auteur de C'est donc ça, l'adolescence ?.

"Lâcher prise" par la respiration

Si malgré tout, vous n’arrivez pas à faire retomber la pression, quelques exercices de respiration devraient vous permettre de diminuer votre anxiété pendant tout le temps de votre attente.

Lors d’un pic d’anxiété particulièrement élevé, si vous n’arrivez vraiment pas à penser à autre chose, essayez de trouver un coin calme, de vous tenir le dos droit et les yeux fermés, de porter votre attention sur l’instant présent, sur l’écoute de votre respiration, de vos sensations corporelles. Inspirez lentement et profondément par le nez, en gonflant votre abdomen (on peut, pour s’exercer, poser le plat de ses mains dessus), puis expirez par la bouche jusqu’à avoir évacué tout son air. Laissez passer vos idées et vos émotions comme elles viennent, sans les "agripper", sans s’arrêter dessus. "Une émotion ne reste pas d’elle-même si on ne la retient pas", assure la sophrologue Catherine Aliotta. "Le principe, c'est de se recentrer sur soi, sur le moment présent, sans être dans l'anticipation de ce qui pourrait arriver. On se concentre sur sa présence corporelle, sa respiration, sur la perception de l'ancrage de ses pieds dans le sol", résume la psychologue toulousaine Yasmine Patel.

Si vous pratiquez ce type d’exercice 10 à 15 minutes par jour durant tous vos jours d’attente et d’incertitude, les pics d’anxiété devraient se montrer moins nombreux, moins violents avec le temps. Pour aller plus loin et mieux connaître les bienfaits de la respiration et la manière d’en profiter, on vous suggère notre article sur la méditation ici, ou encore celui sur l’aïki-thérapie par ici.