Son rôle d'avocat, le théâtre, la Comédie-Française... Richard Berry se confie au micro d'Isabelle Morizet

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Dans "Il n'y a pas qu'une vie dans la vie", le comédien évoque la pièce "Plaidoiries", dont il sera à l'affiche à partir du 12 septembre. Il campe cinq avocats et récite leurs plus belles défenses.
INTERVIEW

À partir 12 septembre au théâtre Antoine, à Paris, il sera avocat dans la pièce Plaidoiries. Richard Berry, seul sur scène, fera revivre cinq grandes plaidoiries qui ont marqué l'histoire de la justice. Chez Isabelle Morizet samedi, le comédien évoque la pièce et sa passion pour le théâtre, son premier amour.

À partir du livre de Matthieu Aron. Pour ce spectacle, mise en scène Éric Théobald, cinq affaires différentes ont été choisies : Gisèle Halimi défendant l'avortement, Paul Lombard voulant éviter la peine capitale à Christian Ranucci, le triple infanticide de Véronique Courjault, le procès Papon et Jean-Pierre Mignard, défendant les familles de Bouna Traoré et Zyed Benna. Un travail de reconstitution incroyable, quand on sait que les procès ne sont pas enregistrés en France. Richard Berry et Éric Théobald se sont appuyés sur le livre de Matthieu Aron, Les grandes plaidoiries des ténors du barreau, qui retranscrit les défenses concernées.

"Ce sont des plaidoiries auxquelles il a assistées, donc il a pu prendre des notes. Il a également été voir les avocats et leur a demandé de reconstituer les plaidoiries avec lui", explique Richard Berry au micro d'Europe 1. "Il y a même un avocat qui lui a dit : 'allume ton magnétophone, je vais te la refaire'", confie le comédien.

"Quand un avocat n'est pas bon, il met en jeu la vie des gens". Sur scène, Richard Berry va donc camper cinq ténors du barreau. Interrogé sur les similitudes entre la profession d'avocat et le métier d'acteur, le comédien français souligne qu'il existe des points communs, mais aussi quelques points de divergences. "Nous, les acteurs, nous sommes des interprètes : on récite les textes des autres. Lorsqu'on n'est pas bon, l'enjeu n'est pas très grave", indique-t-il. "Quand un avocat n'est pas bon, il met en jeu la vie des gens. La responsabilité et les enjeux d'un avocat sont considérables comparés aux acteurs", fait valoir Richard Berry.

Entendu sur europe1 :
À mon époque, c'était quasiment honteux de faire du cinéma

Pour autant, l'acteur note également des points de concordances entre les deux métiers. "Il faut un certain pouvoir de conviction : être convaincu de ce que l'on dit et convaincre les autres que ce que l'on dit est juste", met en évidence Richard Berry.

"Je ne trouvais pas mon compte à la Comédie-Française". Richard Berry n'a jamais perdu le théâtre de vue, malgré sa dense carrière cinématographique. Et pour cause, en 1973 il intégrait la Comédie-Française, avant de quitter cette institution historique sept ans plus tard. "Je ne trouvais pas mon compte à la Comédie-Française. (...) À l'époque, on avait beaucoup moins d’opportunités de faire une carrière au cinéma et de continuer là-bas", affirme l'acteur.

Aujourd'hui, il est vrai que les passerelles entre l'établissement public et le septième art semble plus aisées. Guillaume Gallienne, Denis Podalydès ou encore Michel Vuillermoz sont autant d'acteurs qui jonglent entre les planches et le grand écran. "À mon époque, c'était quasiment honteux de faire du cinéma. (...) Ce n'était pas bien vu, c’était le parent pauvre", confie Richard Berry. "Alors qu'aujourd’hui, ce partage entre télévision, théâtre et cinéma semble évident."