Simon Abkarian sur ses pièces : "Je voulais me décharger de cette histoire"

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Dans Le club de l'été, le comédien et acteur est revenu sur la philosophie qu'il essaye de proposer dans ses pièces de théâtre.
INTERVIEW

"Quand on écrit chanson, poésie, ou pièce c'est aussi pour se décharger d'un poids qui éventuellement pèserait sur votre cœur". Simon Abkarian, invité du Club de l'été vendredi, est revenu sur ce qu'il pousse à écrire des pièces de théâtre. Il reprendra les deux dernières pièces qu'il a écrit Le dernier jour du jeûne et L’envol des cigognes, des histoires de femmes dans une cité méditerranéenne où les amours se font et se défont, où les mots portent les espoirs et les désespoirs de cette famille déchirée par une guerre civile du 5 septembre au 14 octobre.

"Me décharger de cette histoire". Ces deux pièces complètent une première, Pénélope ô pénélope. "Je voulais me décharger de cette histoire, je voulais expectorer ça, et le recracher loin de moi parce qu'il y a des choses qui sont pesantes. Il y a toujours plusieurs manière de sortir ça, moi j'ai trouvé le théâtre", confie l'acteur qui est aussi apparu dans la série Kaboul Kitchen. "Après, ce n'est pas une analyse que je suis en train de faire, je ne suis pas malade, en train de me guérir d'un truc. J'avais simplement besoin de le faire et j'ai essayé de le faire de manière politique et joyeuse", poursuit-il. "Ce qui est intéressant c'est de partir d'une histoire qui nous constitue et de la transcender au théâtre ou en littérature. C'est un point de départ sur lequel on échafaude une histoire", indique-t-il.

Des personnages inspirés. Dans ses pièces, les femmes n'ont pas leur langue dans leur poche. "Ta fille elle a une langue, c’est pas une langue, c’est une épée qui ne rouille jamais, jamais elle est dans son fourreau, sa langue. Quand elle ouvre la bouche c’est une débroussailleuse qui sort. Elle coupe tout sur ce qui dépasse", souffle par exemple Vava. "J'ai eu la chance de rencontrer des femmes qui étaient formidables durant toute ma vie", salue Simon Abkarian qui s'en est inspiré. Pour aller plus loin, tout au long de la pièce, il joue avec les niveaux de langage. "C'est là que l'on se rend compte des différents niveaux d'expression. Il faut parler et faire parler chacun selon son entendement. Ce n'est pas parce que l'on a pas lu Proust que l'on ne peut pas communiquer avec l'autre ou avoir des tournures poétiques", conclut-il.